La Bourgogne-Franche-Comté veut attirer des touristes étrangers (Les Grands Reflets)

La Bourgogne-Franche-Comté veut attirer des touristes étrangers

Les élus de la Bourgogne-Franche-Comté ont profité des lieux touristiques de la Région pour en faire la promotion. En ligne de mire pour 2022, l’international.

« Notre région est belle tout de même. » Au bord de l'étang Verchat, à Joncherey, sur lesquels se sont implantés cabanons en bois sur pilotis et cabane dans les bois, Maude Clavequin et Francis Cottet, élu de la majorité PS de la Région, profitent du paysage. À leur côté, Aurélien Sauvageot, gérant de CoucOO Cabanes des Grands Reflets, acquiesce. En 2016, ils ont ouvert ce lieu touristique quelque peu atypique dans le sud Territoire grâce, entre autres, à une aide de la Région à hauteur de 90 000 euros. Le site tourne à plein régime tout l’été, notamment grâce à une clientèle venue de Suisse et d’Allemagne, friande de ce type d’endroit. Et c’est justement ce que la Région souhaite mettre en avant dans son schéma touristique pour 2022. Cependant, les élus voient plus loin : « Nous avons pour ambition d’être la seconde région touristique concernant les touristes chinois. » Après les liens industriels, universitaires, la Chine serait donc le nouvel eldorado touristique de la Région.

Un accompagnement à hauteur de 100 millions d’euros

Aurélien Sauvageot y voit lui aussi une chance, mais espère être aidé pour « comprendre quelle qualité de service souhaite ce type de clientèle » et propose même « d’accueillir des ressortissants chinois pour préparer en fonction de cette clientèle et être prêt le jour J ». En 2017, 238 400 ressortissants chinois ont visité la Bourgogne-Franche-Comté. Dans les chiffres, la région accueille environ 3,7 % des nuitées étrangères du pays. Ce chiffre s’explique notamment par la faible durée moyenne de séjour (1,39 jour dans l’hôtellerie). « Malgré nos atouts, nous ne restons qu’un lieu de passage », explique Maude Clavequin. Car il est vrai que le vin, les rivières, les espaces verts et le patrimoine restent des atouts importants. D’ici à 2022, la Région compte donc investir 100 millions d’euros dans le tourisme. « Nous avons déjà besoin de plus d’hébergements de qualité. Pour cela, nous devons accompagner les acteurs actuels du tourisme », confient les élus. Derrière cela se cache bien sur l’économie du territoire. « Cela pourrait être un vecteur important d’emplois. Cependant, nous ne devons pas oublier ce qui fait notre force, l’environnement », assure Maude Clavequin. Si le nord Franche-Comté en profite un peu moins que le reste de la grande région, l’ambition autour de l’œnologie est immense : devenir la première destination œnologique de France. « Il va falloir mettre le paquet », sourit Francis Cottet. Le ballon d’Alsace devrait lui aussi vivre dans les prochaines années une revalorisation de la part de la Région, sans toutefois que les élus ne livrent plus d'informations à ce sujet.

Les Grands Reflets, exemple de réussite

Le choix de visiter les installations des Grands Reflets n’était donc pas anodin. Entre communions avec la nature, le côté insolite de ces cabanes accrochées aux arbres ou sur l’eau, et la qualité de service qui permet d’accueillir une nouvelle clientèle dans le Territoire, le site possède tous les atouts que la Région souhaite mettre en avant. Les cabanes à 80 mètres les unes des autres offrent en plus du cadre, relativement paradisiaque, un calme absolu. De la chambre avec plafond de verre, au bain en extérieur en passant par les spas intégré, la détente semble impossible à éviter. « Nous nous adressons, c’est vrai, à une clientèle plutôt aisée, mais les cabanes familiales et les tarifs plus bas en l’absence d’extra du type spa, nous permet de diversifier notre clientèle. Nous avons de plus en plus de jeunes qui viennent faire leur premier week-end en amoureux par exemple », explique Aurélien Sauvageot. Un véritable écosystème s’est d’ailleurs construit autour de ce lieu, puisque du fleuriste au restaurateur en passant par le boulanger ou la décoratrice des cabanes, le gérant cherche avant tout des artisans locaux.

Un enjeu qui va donc au-delà de la valorisation de la Région. « Le premier ambassadeur de la région, c’est celui qui y habite. Nous avons trop tendance à ne pas valoriser ce que nous sommes, ce que nous avons », conclut Maude Clavequin.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.