Belfort : les élus réclament leur part de l'amende que GE devrait payer

Les 1 000 emplois promis par GE lors du rachat de la branche énergie d'Alstom resteront au stade de la promesse. Le conseil municipal de Belfort a adopté ce jeudi soir une motion pour s'en émouvoir et pour demander une part de l'amende qui doit être versée en contrepartie.

Mais où vont aller les quelque 34 millions d'euros d'amende que devra (devrait?) payer GE en compensation des 1 000 emplois non créés, bien que promis par le groupe américain. Visiblement, le maire de Belfort s'est posé la question et il prend les devants pour en réclamer une  part pour le Grand Belfort et pour TanDem, la société d'économie mixte chargée du parc immobilier belfortain. Pour cela, il a proposé une motion adoptée par la presque unanimité du conseil municipal ce mardi soir, 3 juillet.
« Les élus du conseil municipal de Belfort souhaitent que GE verse cette somme et qu'une partie significative soit versée au Grand Belfort et à TanDem pour développer des projets industriels sur notre région », réclame l'un des derniers paragraphes de la motion. C'est dit !

Cela sera-t-il suivi d'effet ? Suspens ! La motion présentée par Damien Meslot annonce une rencontre prévue avec le ministre de l'Économie, Bruno Lemaire, le 25 juillet. Le président du Département et les trois parlementaires du Territoire de Belfort y seront aussi et le maire promet de faire des propositions en ce sens au ministre. Négociations en vue.

Seul Marc Archambault n'a pas voté en faveur de cette motion (il a présenté sa propre motion, rejetée). L'opposition n'a pas pour autant donné de blanc-seing à Damien Meslot. Samia Jaber a stigmatisé la « naïveté » du maire dans le dossier Alstom / GE lors de la validation du projet de rachat : « Nous vous avons alerté sur une certaine naïveté d'accompagner la campagne de communication bien rodée de GE, a-t-elle lancé. Nous vous avions alertés sur la vigilance à avoir tant qu'il n'y aurait pas de preuves de création effective des emplois. Autre naïveté : les aménagements routiers ! Pour le première fois, il n'y a pas eu de co-financement de l'entreprise, alors que c'était la règle jusqu'alors. »
« Nous voterons cette motion, mais les yeux bien ouverts en vous reprochant les dépenses pour équipements routiers », a-t-elle poursuivi.

La motion le rappelle d'ailleurs : les investissements routiers consentis pour faciliter le passage des convois de GE à travers le Territoire de Belfort et en Alsace, s'élevant à 2 440 000 € pour le Grand Belfort.
Elle rappelle aussi que TanDem a investi 117 millions d'euros depuis 2002 pour GE. On comprend que les élus lorgnent sur les 34 millions de l'amende, alors même que l'inquiétude est née sur le devenir du site belfortain.

Le maire a toutefois, en réponse à une question de René Schmitt, levé une ambiguïté : le but est plus de maintenir l'emploi à Belfort que d'acter le non respect de l'engagement de GE et de se contenter du fruit de l'amende.

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.