Fabrice, le gendre, et Agathe, la fille, entourent Geneviève, une inconditionnelle des Eurockéennes. Fabrice, le gendre, et Agathe, la fille, entourent Geneviève, une inconditionnelle des Eurockéennes. (©My Aire Urbaine – Thibault Quartier)

Geneviève, 78 ans, inconditionnelle des Eurockéennes

Depuis 2010, Geneviève, originaire de Saône-et-Loire, n’a pas manqué une édition du festival belfortain. Un événement qu’elle a découvert quand l’une de ses filles s’est installée dans la cité du lion. Portrait haut en couleurs d'une mélomane qui ne manque pas d'humour.

Au téléphone, lors de la prise de rendez-vous, j’avais évoqué avec Geneviève, 78 ans et originaire de Rigny-sur-Arroux (Saône-et-Loire), une bière en échange d’un entretien pour écrire un témoignage. Il ne lui a fallu que quelques minutes pour me le rappeler lors de notre rencontre ! « J’ai 78 ans, mais pas encore Alzheimer », tance Geneviève. Fou rire. Chapeau de paille vissé sur la tête, sourire aux lèvres et répartie ciselée, elle nous dirige vers le stand de bières. Et la serveuse de l’interpeller : « Mais vous êtes Geneviève ! » La dynamique retraitée serait-elle connue comme le loup blanc aux Eurockéennes ? C’est surtout que le stand est tenu par le club de patinage de Belfort, auquel appartient sa fille… Et il est vrai que les deux voix se ressemblent à s’y méprendre.

Pour venir à la presqu’île du Malsaucy, elle a fait du covoiturage. Et si elle n’avait pas trouvé, elle aurait fait du stop. Comme il y a trois ans. Pour dormir, elle loge chez sa fille, qui habite Belfort. « Vu que j’ai un lit, je ne vais pas quand même dormir dans la gadoue », lance Geneviève, qui a deux filles et quatre petits-enfants. Mais cela ne l’aurait pas dissuadé de venir aux Eurockéennes…

« Une fois que l’on a goûté à ce festival, on ne peut plus s’en passer »

Geneviève a débarqué aux Eurockéennes pour la première fois en 2010. Avant, elle ne les connaissait pas. À l’époque, son gendre venait d’être nommé directeur du conservatoire de Belfort. Il accompagnait Jean-Jacques Griesser dans l’animation de l’orchestre Synfonietta, qui avait été associé sur la scène des Eurockéennes aux artistes Piers Faccini, Sophie Hunger et Patrick Watson. « Et une fois que l’on a goûté à ce festival, on ne peut plus s’en passer », confie Geneviève, qui adore l’ambiance du lieu, la sélection musicale, les grands artistes qui ont foulé la presqu’île et évidemment, le rock ! Celle qui profite jusqu’au bout de la nuit – « elle rentre parfois à 3-4 h du matin », dixit sa fille Agathe – se souvient particulièrement du concert des ZZ top, « des dieux », ou de celui de Pokey Lafarge en 2016. « C’était une dentelle de blues country rock. J’ai adoré », se souvient Geneviève.

Geneviève a grandi avec le rock. « C’est mon époque », relate celle qui est née en 1940. Mais elle est éclectique dans ses goûts musicaux. Elle a toutefois attendu l’âge de la retraite pour jouer d'un instrument. Aujourd’hui, elle maîtrise la contrebasse à corde, le violon et la basse électrique. « Mais elle chante aussi très bien », remarque sa fille Agathe qui se souvient d’avoir écumé, enfant, les festivals et rendez-vous musicaux aux côtés de sa mère, que ce soit du classique, de la musique traditionnelle ou du rock. Et aujourd’hui, la logique est inversée : les enfants offrent à Geneviève ses places pour les Eurockéennes, soit à Noël, soit à son anniversaire.

Sage-femme puis éleveuse de chèvres…

Geneviève semble avoir eu plusieurs vies quand elle raconte ses anecdotes. Avant d’arriver en Saône-et-Loire, en 1968, Geneviève était sage-femme à Paris. Le hasard l’a ensuite fait devenir agricultrice en Bourgogne. Elle a élevé des chèvres et fabriqué des fromages. « C’est un gradé du fromage de chèvre », sourit à son encontre Fabrice Melin, son gendre qui a dû souvent les apprécier en repas de famille. Des fromages que l’on retrouvait même sur la prestigieuse table du chef Bernard Loizeau, à Saulieu (Côte-d’Or). Elle a continué à en élever en 2000, alors qu’elle était à la retraite. « La retraite agricole, ça ne paie pas beaucoup », lance-t-elle à la cantonade pour se justifier.

Aujourd’hui, elle anime le comité des fêtes de son village et bat la campagne pour distribuer des affichettes aux habitants les invitant aux festivités. « Et non des flyers, dénonce Geneviève, avant de rappeler, avec un bon fou rire : Je parle français. » Elle est aussi présidente d’un groupe de musique de rue. Elle ne manque pas d’énergie, ni d’humour. Coche systématiquement les dates des Eurockéennes sur son calendrier. Et envisage, déjà, d’y fêter ses 80 ans.

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.