Le rappeur belfortain Pihpoh, encore ému de sa prestation sur la Green Room. Le rappeur belfortain Pihpoh, encore ému de sa prestation sur la Green Room. (©My Aire Urbaine – Thibault Quartier)

Eurockéennes : Pihpoh, l’enfant du pays, a conquis la Green Room

Pierre, alias Pihpoh, 31 ans et originaire de Belfort, a joué sous le chapiteau de la Green Room ce vendredi soir. Une apothéose à la victoire de l’équipe de France pour cet artiste qui donne beaucoup aux autres.

18 h 15. L’équipe de France vient de battre l’Uruguay en quart de finale de la Coupe du monde de football. Les spectateurs ont suivi la performance sur les écrans de la Green Room. Une ambiance particulière. Pihpoh et ses musiciens se rassemblent dans les coulisses de la Green Room. Ils se prennent dans les bras. Se concentrent. Le rappeur belfortain fait les cent pas. Il y a de la tension. Du stress. Il joue à domicile sur la 2e plus grande scène du festival. C’est un moment important. Kem Lalot, l’un des trois programmateurs des Eurocks, est là pour le soutenir. Il l’accompagne depuis plus de 10 ans. La foule s’enflamme lorsqu’il apparaît sur scène. Le set est lancé.

Quelques heures après le show, encore submergé par l’émotion, Pihpoh revient sur ce concert. Sur ce moment. Sur l’émotion. « On espérait que l’équipe de France gagne et en même temps que le match ne traîne pas trop, sourit Pihpoh sur la passerelle consacrée aux conférences de presse, au bord de l’eau. On espérait que les gens viennent au concert après le match, car on sait aussi que le foot est populaire. » Les gens sont venus pour le voir. D’autres sont restés après le match diffusé sur les écrans de la scène pour apprécier la performance du local de l’étape. « On sort forcément ému de ce genre de moment. Ce n’est pas rien. On est quand même revenu sur la Green Room. » C’est en effet le deuxième passage de Pihpoh aux Eurockéennes, après celui de 2010, sur la Plage. « C’était donc quelque chose de spécial », poursuit-il, lunettes de soleil sur les yeux.

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Depuis cette première date, il a bien grandi. Et regarde le chemin parcouru. Celui que l’on a entendu dans le métro parisien et à l’Olympia compte déjà des participations aux Soliday’s ou encore au Paléo festival. Mais les Eurockéennes garderont une saveur particulière. C’est le festival où il habite. « Ma première session, car c’est toujours quelque chose de très physique de faire les Eurockéennes, c’était en 2003, sourit Pihpoh. Depuis, je n’ai manqué aucune édition. »

Dans son parcours d’artiste et originaire de Belfort, forcément, il les a sollicitées à un moment donné. Sa première maquette, il l’a confiée à Kem en 2008. Puis un long chemin a commencé. Il a fallu travailler. Aucun blanc-seing n’est accordé, tout Belfortain que l’on est. « Ils m’ont fait confiance, m’ont testé. Je leur dois beaucoup », rappelle, en guise de remerciements, Pihpoh.

Ce show 2018 des Eurockéennes a aussi la saveur d’un projet solidaire, celui d’une captation du concert avec des caméras 360°, afin d’être rediffusé par l’intermédiaire de casque à réalité augmentée à un public empêché d’un centre de rééducation d’Héricourt. Un projet qui s’inscrit dans la continuité de plusieurs démarches menées par le rappeur. Il intervient en effet dans des écoles, des prisons, afin de distiller des cours d’écriture, armé « d’une langue universelle », la musique. « Et chaque personne repart avec un CD, le fruit d’un travail, avec un travail que l’on a mené sur le texte et le flow, explique Pihpoh. Ces projets me permettent de compléter mon équilibre artistique, de partager ma passion avec les gens, souligne-t-il simplement. J’ai le sentiment aussi de servir à quelque chose. » Il aime voyager, rencontrer des gens et des cultures. Un leitmotiv qu’il justifie par son éducation. « Je fonctionne avec le cœur, conclut Pihpoh. C’est le rap. On est avec une feuille et un stylo. »

Pihpoh est en train de se concentrer avant de monter sur la scène de la Green Room (©My Aire Urbaine – Thibault Quartier).

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.