Face à la canicule, Domicile 90 prône l’humain avant tout (Geralt, CC0 Creative Commons)

Face à la canicule, Domicile 90 prône l’humain avant tout Spécial

L’association belfortaine Domicile 90 permet aux personnes dépendantes de rester chez elle par le biais d’interventions à domicile. Par ces fortes chaleurs, l’équipe prône le contact humain pour éviter les drames. Simple et efficace !

La canicule touche plus intensément les personnes âgées, et si les Ehpad ou les hôpitaux ont retenu les leçons de l'épisode de 2003, les aides à domicile sont aussi en première ligne. Pour Domicile 90, une association d’aides aux personnes à domicile (handicap, vieillesse), qui couvre le Territoire de Belfort, canicule rime avec plus de précautions, d’abord pour les personnes, mais aussi pour le personnel. « Il y a une vigilance toute particulière à avoir envers les personnes qui n’ont pas ou plus de proches », assure Daniel Chassignet, directeur administratif de l’association. De petits signes sont alors scrutés par le personnel : « Dès qu’on arrive, il faut regarder la peau de la personne, étudier son comportement… La déshydratation cause une forme de délire; la personne n’a plus la compréhension habituelle », témoigne Marliese Deméaulte, aide soignante de l’association. Tous ces détails sont consignés: « si une personne a l’habitude d’accueillir le personnel de l’association debout, qu’elle reconnaît les personnes qui viennent la voir... ces petites habitudes qui, lorsqu’elles disparaissent, peuvent être un signe d’un petit coup de mou ».

Le contact humain, seul remède à la canicule

Pourtant dans les habitudes du personnel, peu de choses ont changé. « Il y a toute une série d’actions qu’on ne fait pas pour ne pas mettre nos aides à domicile en difficultés, comme nettoyer les vitres ou s’occuper du repassage », explique Daniel Chassignet. Si cela peut paraître anodin, Marliese Deméaulte, met en avant les difficultés du personnel par ces fortes chaleurs: « Une collègue a fait un effort important pour aider une personne à se lever, et a fait un malaise. Ce sont des choses qui peuvent arriver. » Outre ces activités, c’est avant tout le contact humain qui permet une meilleure prise en charge. « Qu’on le veuille ou non, on devient très vite leur confident. On s’attache à ces personnes, et ça devient une source d’inquiétudes. Donc ,tout simplement, on en prend soin », sourit l’aide soignante. Grâce aux rythmes de visites, entre infirmiers, aide soignante, aide à domicile, les personnes les plus vulnérables ont de la visite trois fois par jour. Cela permet de les hydrater, « notamment les personnes âgées, qui, avec l’âge, perdent la sensation de soif. Et dans les pires des cas, il y a toujours la perfusion », assure Marliese Deméaulte.

Si dans l’aide à domicile, rien n’a réellement changé depuis 2003, les deux employés de l’association concèdent qu’il y a eu « une prise de conscience sociétale. Les gens connaissent les dangers, ont reçu les messages de prévention ».

« Il y a des maires qui distribuent à Noël des cadeaux aux personnes âgées, pourquoi pas un petit kit pour la canicule ! De l’eau, un brumisateur et cinq minutes de discussions, cela suffit », assure l’aide soignante. Simple et efficace !

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.