Sécheresse: « Le temps de la répression est venu » pour la préfète du Territoire de Belfort (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Sécheresse: « Le temps de la répression est venu » pour la préfète du Territoire de Belfort

La préfète du Territoire de Belfort a rendu visite à la société Hendrickson, à Châtenois-les-Forges, pour un contrôle de sa consommation d’eau. Après le passage au niveau de crise concernant la sécheresse, ces contrôles devraient s’intensifier pour les entreprises du Territoire.

A l’entrée de l’entreprise Hendrickson à Châtenois-les-Forges, défilent les instructions de la préfecture : « Ne pas arroser son jardin », « Ne pas laver sa voiture », « Comment économiser l’eau ? »… Un bon point, alors que la préfète du Territoire de Belfort, Sophie Elizeon, s’apprête à visiter les installations et à réaliser avec ses équipes un contrôle de la consommation d’eau.
Après l’arrêté pris il y a un peu plus d’une semaine, la préfète assure qu’après « une semaine d’information, le temps de la répression est venu et les contrôles vont s’intensifier ». L’usine prend la chose au sérieux, et pour cause: « sSil n’y a plus d’eau dans la Savoureuse, nous sommes au chômage technique », explique le directeur de l’usine, Jean-François Kristof.

150 m3 par heure !

Hendrickson est spécialisé dans la conception de suspensions pour camion. Ses principaux clients sont Volvo et Renault Truck. L’année passée ce sont 19 000 tonnes d’acier qui ont été fondues et transformées dans l’usine. Les pièces chauffées à plus de 1000°C doivent être refroidies et pour cela de l’eau est directement prélevée dans un canal issu de la Savoureuse. Ce canal traverse l’usine et trouverait son origine dans la création d’un moulin dans le secteur bien avant la création de l’usine. Totalement enterré aujourd’hui, le canal rejoint la Savoureuse en aval de la commune. Chaque heure, ce sont en temps normal 150 m3 d’eau qui sont pompés pas l’usine.
Un prélèvement passé à 100 m3 après les arrêtés sécheresse. Après le refroidissement réalisé, l’eau est libérée à nouveau dans le canal. « Nous surveillons les niveaux de température, de pH avant et après l’utilisation de l’eau, afin de ne pas fragiliser l’écosystème », assure le directeur de l’usine. Cette installation, bien que relativement simple cause des problèmes en hiver lors des possibles crues et en été lors des épisodes de sécheresse. « C’est tout le paradoxe de ce territoire », sourit la préfète qui a dû gérer ces deux évènements en moins d’un an à la préfecture.

« Il n’y a pas de bons élèves ! »

Pour améliorer la gestion de l’eau du site, la direction cherche de nouvelles solutions, consciente que le phénomène pourrait se répéter. Circuit fermé pour le refroidissement, pompage d’une partie de l’eau déjà utilisée pour un second passage, passage du travail sur 7 jours pour diminuer les consommations… Les idées ne manquent pas, et la préfète a tenu à saluer ces initiatives.
Alors, Hendrickson bon élève ? « Dans le sens où ils n’ont pas d’amendes, de recours au tribunal oui, mais pour nous il n’y a pas de bons élèves », concède Yvan Bartz, responsable à la direction régionale de l’environnement et qui suit le sous-traitant automobile tout au long de l’année. Dans le Territoire de Belfort, la consommation d’eau des entreprises représente 30 % de la consommation globale.
Et si un manque d’eau pourrait provoquer un chômage technique pour les près de 200 employés de l’usine de Châtenois-les-Forges, « deux jours plus tard l’usine de production Renault de Bourg-en-Bresse serait elle aussi obligée d’être au chômage technique, puisque nous sommes leur fournisseur ».

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.