L'éthylotest antidémarrage en démonstration Montbéliard. L'éthylotest antidémarrage en démonstration Montbéliard. (My Aire Urbaine - Simon Vermot Desroches)

L’éthylotest antidémarrage, nouvelle alternative à la suspension de permis

L’éthylotest antidémarrage deviendra, début 2019, une alternative à la suspension du permis de conduire dans le cadre d’un contrôle d’alcoolémie positif. Devenu une priorité pour la préfecture du Doubs, il pourrait aussi, dans le futur, devenir une banalité.

« Au pays de Peugeot, il ose venir avec une voiture-test Volkswagen », sourit un participant à la réunion. Au volant, un représentant de la firme allemande Dräger. Pour allumer la voiture, il doit souffler dans un éthylotest. Sobre, « il ne devrait pas y avoir de soucis », sourit-il. C’est par le biais de cette démonstration que la préfecture du Doubs a présenté la nouvelle alternative à la suspension du permis de conduire qui entrera en action au 1er janvier 2019 : l’éthylotest antidémarrage. Cela « permettra ainsi à des contrevenants de pouvoir continuer à conduire et de conserver leur activité professionnelle à titre d’exemple », a assuré la préfecture. En France, un tiers des accidents mortels est dû à l’alcool. Dans le Doubs, 13 personnes ont perdu la vie en 2017 dans un accident impliquant un conducteur au-dessus de la limite autorisée. À cela s’ajoutent les 1 230 délits d’alcoolémie constatés par les forces de l’ordre depuis le début de l’année. Cette solution, qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays et notamment aux États-Unis, pourrait devenir plus qu’une alternative pour les autorités françaises.

La fraude devenue impossible

Le mécanisme est relativement simple. Le système est raccordé au système de démarrage de la voiture. Le conducteur souffle dans l’éthylotest, s’il est en-dessous des limites fixées par la loi (0,1 mg/l ou 0,25 mg/l d’air expiré selon le permis), alors la voiture démarrera. Dans le cas contraire, impossible de démarrer et le conducteur restera à quais. Dès lors, s’installe la possibilité de frauder ! Faire souffler quelqu’un d’autre ? Le système vous demande un second souffle dans une période aléatoire comprise entre 5 et 30 minutes après le premier démarrage. Faire souffler un enfant ? Impossible, pour celui-ci, de tenir le souffle demander par l’éthylotest, selon ses constructeurs. Utiliser l’excuse du bain de bouche ou du sirop ? En pointe, le système sait déterminer une vraie consommation d’alcool de ce type d’usage et sait même détecter un compresseur, une pompe ou encore un ballon de baudruche. « On a déjà eu une personne qui nous a appelés d’une station-service en nous disant : “on m’a proposé 100 euros pour que je souffle dans l’un de vos éthylotests intégrés” », évoque Yvan Heinesch, de l’entreprise Dräger, pour justifier de telles précautions. Aujourd’hui, le système semble donc à la pointe de la technologie et les autorités sont prêtes à en profiter.

De plus en plus d’installations volontaires

« Les installations volontaires sont de plus en plus nombreuses. Cela m’a vraiment surpris, explique Pierre Sallandre, responsable du sud de la France pour Dräger. Le cadre n'est donc pas que juridique. J’ai vu des familles installer ce système dans toutes leurs voitures au moment où leurs enfants ont commencé à prendre le volant ! » Une installation qui n’est pas possible pour tous, puisqu’il faudra tout de même débourser près de 1 500 euros pour équiper un véhicule. Un prix qui, pourtant, continue de baisser ; des organismes s’occupent même de l’installation, proposent des locations ou des rachats à la fin de l’utilisation. « Nous avons longtemps été pénalisés par le coût du matériel. Aujourd’hui, nous commençons à avoir des offres intéressantes », assurent les responsables de la firme allemande. Les constructeurs et les compagnies d'assurances commencent également à s’y intéresser. Dans tous les bus, ce système est installé. Les entreprises de BTP apprécient également ce système dans les grues ou les engins de très grande taille. De même, les voitures de commerciaux commencent à être équipées de ces systèmes.

Alors, peut-on imaginer dans un futur proche une installation dans chaque véhicule ? « Je le pense », assure Pierre Sallandre... à moins que la voiture connectée ne soit la plus rapide à arriver sur le marché !

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.