En 2016, la venue du Tour de France avait déplacé les foules En 2016, la venue du Tour de France avait déplacé les foules (My Aire Urbaine - Simon Vermot Desroches)

Avant le Tour, le chantier de la Planche des Belles-Filles fait grincer des dents

La bétonisation du sommet de la planche des Belles-Filles pour la venue du Tour de France provoque une levée de boucliers du côté des protecteurs de l’environnement. Une tension s’installe au point que certains débordements ont été constatés.

Le tracé du Tour de France 2019 sera connu le jeudi 25 octobre ; une arrivée inédite au sommet de la Planche des Belles-Filles est attendue. Inédite parce que l’épreuve devrait se terminer un peu plus haut que ce qui s’est passé les dernières années, avec notamment, un final à 24 %. Mais pour cela il faut emprunter l’actuel chemin de randonnée en version été et piste verte en version hiver ; un chemin non goudronné. Et gravir une telle pente sur un chemin de sentier semblait improbable. Des travaux ont donc commencé pour recouvrir tout ou partie de ce sentier. « Le président du Département avait promis de ne pas mettre de goudron, regrette Gérard Groubatch, président de France Nature Environnement dans le Territoire de Belfort. Alors, on a un enrobé désormais qui va très mal supporter l’hiver et se répandre dans la nature. »

Les travaux ont débuté du jour au lendemain

Pour le responsable de l’association, c’est une atteinte à l’environnement et une « absence de respect des paysages des Vosges saônoises, le mépris de la réserve naturelle nationale des Ballons comtois toute proche, qui offrent pourtant des sites naturels préservés, de grande valeur ». Certaines espèces sont ainsi protégées dans le secteur de la Planche des Belles-Filles. Mais ce qui a consterné l’association, c’est la brutalité des débuts de travaux. « Un jour, des randonneurs nous ont dit : « Il y a des travaux au sommet de la Planche des Belles-Filles ! » Entre-temps, nous n’avons rien vu passer, ça s’est vraiment fait du jour au lendemain. » Aujourd’hui, l’organisme essaie donc de retrouver des traces d’autorisation données par la direction régionale de l’environnement ou de la direction départementale des territoires (DDT). Il ne fait cependant aucun doute pour eux, que le but ultime de ces travaux à répétition, c’est de redescendre de l’autre côté et de créer une boucle qui irait vers Plancher-Bas et ce, malgré un refus de l’office national des forêts (ONF).

Vandalisme et action en justice

Et si l’association compte mettre des bâtons dans les roues du Département par la voie judiciaire et administrative, d’autres n’ont, a priori, pas choisi cette voie ! Car depuis le début des travaux, le Département déplore : un pare-brise cassé sur un camion, un blocage d’un engin par deux véhicules, trois pneus crevés sur un engin, deux rétroviseurs cassés sur un camion, un chapiteau lacéré au cutter et un engin de chargement télescopique incendié ! « Nous, nous sommes des pacifistes », sourit Gérard Groubatch, mais il semblerait bien que d’autres n’aient pas choisi les mêmes armes. Outre la venue du Tour de France, véritable vitrine pour le site, le développement économique du lieu est devenu une priorité pour la collectivité. Le Département a donc décidé de lancer une action en justice afin de faire la lumière sur cette affaire. Dans l’attente de la confirmation de l’arrivée du Tour de France, la Planche fait déjà parler d’elle.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.