Le batteur-percussionniste Thomas Ballarini a fait ses premières gammes à Belfort, en compagnie de Jean-Pierre Guichard. Le batteur-percussionniste Thomas Ballarini a fait ses premières gammes à Belfort, en compagnie de Jean-Pierre Guichard. (DR)

Thomas Ballarini de retour à Belfort pour Be bop or be dead

Retour aux sources pour le batteur et percussionniste Thomas Ballarini, à l’occasion du festival de jazz Be bop or be dead. C’est dans la cité du Lion que le Haut-Saônois a commencé à faire ses gammes. Rencontre.

« Est-ce que cela vous irait par téléphone », questionne Thomas Ballarini par SMS. Initialement, on devait faire l’interview en vidéo… Quelques minutes avant, changement de plan ! « Je suis rentré de tournée cette nuit, se défend-il plus tard. Je suis en vrac ! » Même par combiné interposé, on sent le sourire franc. La légèreté du propos. À 39 ans, Thomas Ballarini est enseignant en musiques actuelles dans un conservatoire de Seine-et-Marne. Et musicien. C’est ce qu’on appelle un musicien-enseignant si l’on se réfère à son statut. Côté musique, il est percussionniste dans l’orchestre Anarchist Republic of Bzzz et batteur du groupe Ithak.

Le musicien a grandi à Échenans-sous-Mont-Vaudois, à côté d’Héricourt. Une localité de 500 habitants. Belfort – « la grande ville », dixit Thomas – il l’a découverte en 1989, quand il a commencé la batterie avec Jean-Pierre Guichard, ancien batteur du mythique groupe belfortain Ange. « À Belfort, c’est l’icône de la batterie, confie-t-il. Il m’a appris toutes les bases. » Celui qui apprenait au 1er étage du magasin de musique Gur, à l’école de batterie Eurogroove, reste viscéralement attaché à cette période belfortaine. Car au-delà de la musique, le mélomane a cultivé sa passion pour le cinéma et l’audiovisuel, en intégrant l’option dédiée du lycée Courbet. « On était la première promotion. Tout le monde se testait. Il y avait plein d’énergie », se remémore-t-il. Ils ont notamment réalisé un documentaire sur la musique amplifiée aux studios du Rockhatry.

La batterie, plus qu’un instrument

Il quitte Belfort pour la capitale en 1997. Quand il revient ici, il parle de pèlerinage. Il retourne aux 4 AS, lieu emblématique du centre belfortain, à la gloire passée. Il se rend aussi à la médiathèque Léon-Deubel où il empruntait des vinyles ; ceux de Led zeppelin, Pink Floyd ou encore Deep purple. Des noms que lui soufflaient des potes au lycée. Internet était encore une chimère. Cette culture rock, liée à son prof de batterie, s’est métissée avec le temps. Son arrivée à Paris coïncide avec ses premiers pas dans la musique contemporaine. Il découvre alors les corps sonores. Les verres, les casseroles… Il comprend aussi qu’il n’y a pas que la peau qui permet de faire un son sur une batterie. « Je me suis mis à jouer de la batterie autrement, confie-t-il. Je la vois comme un ensemble de percussions et non plus comme un instrument. » Sa musique se nourrit alors de métissages. Tant sur les origines des mélodies, que sur les instruments que l’on associe. Ou les musiciens. Le métissage n’est pas une fin en soi. Il est le résultat de son éducation, de sa curiosité et de son ouverture. C'est sa seconde peau... L’essentiel se passe donc dans la rencontre, comme ce projet avec Mike Ladd présenté samedi soir. L’un "percussionne". L’autre déblatère des textes. Le tout, en improvisant. La fusion des deux artistes repose sur un exigent travail en amont. Pour apprendre à se connaître, à s’adapter. « Il y a de la circulation entre les deux artistes. Par moment, on est devant, puis derrière. Il y a beaucoup de mouvements et ce qui ressort finalement, c’est une parole de groupe. » Le but est de réussir un jeu musical collectif. Pas le poète d'un côté et le percussionniste de l'autre. Cette idée est le fruit de l’imagination de François Lanneau, le créateur du festival. Il l’a soufflée aux deux artistes qui se l’ont appropriée. François Lanneau, Thomas Ballarini l’a connu au collège. « La première fois que j’ai fait de la musique en dehors des cours, c’était avec lui », se souvient-il. Plus de 25 ans d'histoire musicale.

Thomas Ballarini fréquente les plus grands. Il a joué la semaine dernière avec le saxophoniste américain Archie Shepp, qui est également intervenu sur le dernier album d’Anachist Republic of Bzzz. « C’est une icône du jazz noir-américain, à forte tendance contestataire », accorde Thomas Ballarini. Cet aspect engagé, Thomas Ballarini le revendique. L’assume. « La musique reste un truc sacré pour moi », poursuit celui qui aime mettre du sens. Tant dans ses projets musicaux, que dans ses projets éducatifs. Il est par exemple intervenu dans des structures spécialisées, où il apprécie voir des gens s’épanouir par la musique. Cette transmission, ce partage, se cristallise sur scène. Le contact avec le public est primordial. C’est pour cela qu’il a privilégié la musique au cinéma. Et ce sont là des préceptes fondateurs du jazz : la scène, le spectacle vivant, la rencontre, l’improvisation.

Samedi 17 novembre, Thomas Ballarini (percussion) & Mike Ladd (voix), improvisation, 20 h, au Granit.

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.