La population est plutôt compréhensive avec le mouvement des Gilets jaunes. La population est plutôt compréhensive avec le mouvement des Gilets jaunes. (© My Aire Urbaine – Thibault Quartier)

Gilets jaunes : "Je m’attends à un très long voyage"

Les habitants de l’Aire urbaine ont vécu des déplacements compliqués ce samedi matin. La manifestation a provoqué d'importants ralentissements dans de nombreuses communes et l’A36 était quasiment inaccessible entre l'échangeur de Danjoutin et celui des Glacis, dans le Territoire de Belfort. Mais malgré toutes les difficultés, il ne semble pas qu’il y ait une animosité envers les manifestants.

Depuis le début de la matinée, l’A36 est totalement bloquée dans le nord Franche-Comté. Alors qu’il aille au travail, faire ses courses ou en voyage, l’habitant de l’Aire urbaine s’adapte et redécouvre le superbe réseau de routes départementales. On découvre des villages que l’on ne connaissait pas, on doute de loin au moindre gilet jaune porté par un motard, un cycliste ou encore un employé qui travaille en bord de route... Ces gilets, on en croise beaucoup, mis en évidence sur le tableau de bord malgré le peu de voitures que l’on peut croiser sur les routes. « Les gens ont décidé de rester chez eux pour la plupart », assure un médecin de l’hôpital Nord-Franche-Comté, un endroit particulièrement compliqué d’accès en l’absence d’autoroute. Et cela se confirme à la vue du parking, souvent complet, et qui aujourd’hui prend des allures de parking de supermarché un dimanche après-midi. « J’ai vu des personnes, malgré des proches en très mauvaise santé, ne pas souhaiter venir. On parle des ambulances, des infirmiers, mais les visites des proches sont aussi limitées aujourd’hui », poursuit le médecin. Pour le personnel, en revanche, pas de problème. « Ils ont eu les mêmes réflexes que lorsqu’il neige. On part plus tôt et on arrive plus tôt ! »

Pas de réseau de bus

Même chose du côté de la Gare TGV, où une femme a prévu large pour ne pas rater son train : 2 h 30 d’avance. « La gare est plutôt confortable donc pas de problèmes », assure-t-elle. Contrairement à ce que l’on pouvait trouver lors de la grève SNCF, peu de personnes assurent être contre ces rassemblements. Même cette jeune femme et son bébé au périple peu enviable. Elle devait se rendre à Paris depuis la gare de Belfort. Mais après 40 minutes d’attente dans le froid à son arrêt de bus, elle découvre qu’aucun bus n’est prévu dans la journée ! « Résultat, j’ai raté mon train, j’ai dû prendre un taxi pour rejoindre la gare TGV et avoir un autre train. C’est des dépenses en plus qui ne m’arrangent pas trop », explique la jeune femme. Une absence de transports en commun dans le Territoire de Belfort et le pays de Montbéliard, qui peut s’expliquer par la peur d’être bloqué toutes les 5 minutes, mais qui aurait pu être une véritable alternative aux bouchons. Entre 30 voitures et un bus, le calcul est simple quand on parle d’embouteillage.

Pour ces personnes en attente à la gare TGV, ce n’est que le début, « je m’attends à un très long voyage, parce qu’après le train il va falloir prendre la route… Ça sera la surprise ce soir », assure une personne qui retourne chez elle à Valence. Et après ? « Il faudra voir si le mouvement se poursuit. On s’adaptera », assurent-ils, sans aucune animosité envers les bloqueurs. Preuve d’un ras-le-bol ?

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.