Louis Deroin, président de la CPME 90. Louis Deroin, président de la CPME 90. (DR)

Aire urbaine: le syndicat des PME veut prévenir le burn-out des chefs d'entreprise

Une trentaine de chefs d'entreprise par département, en moyenne, craquent chaque année. C'est un des axes de travail défini pour 2017 par Louis Deroin, président de la CGMPE 90. Qui devient d'ailleurs CPME 90: changement de nom et de logo.

La CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises) créée en 1944 se dote d’un nouveau nom plus simple : elle devient CPME et adopte un nouveau logo. La CPME rassemble 125 unions territoriales en métropole, en Outre-mer.
Elu en 2015 président de la confédération, François Asselin a fait approuver une feuille de route dont les quatre objectifs à horizon 2020 sont :

  • encourager la prise de risque au sein des TPE-PME
  • agir pour un environnement économique et social favorable
  • être le moteur de l’innovation et du développement responsable
  • favoriser un dialogue social serein et non contraint, dans l’entreprise.

Rencontre avec le président de la CPME 90, Louis Deroin.

La CGPME devient CPME. Au-delà de la communication, qu'est-ce qui change dans votre syndicat?

Ce changement de nom et de logo marque la volonté de François Asselin, président de la CPME nationale, de reposer une nouvelle organisation à l'horizon 2020. Les valeurs et les principes de notre organisation est de réellement représenter les TPE – PME, par rapport au Medef qui essaye de se positionner ou dans le cadre du débat sur la représentativité qui a lieu avec le rapprochement avec l'union des professions libérales et artisanales. Nous voulons encourager le prise de risques et dire aux politiques : « Arrêtez les contraintes et mettez en place des dispositions qui favorisent l'initiative ». Par exemple, nous avons mis en place une démarche RSE (responsabilité sociale des entreprises); nous souhaitons que cela devienne un label reconnu qui dispense les entreprises de tracasseries administratives. Il ne faut pas qu'une entreprise qui prend des risques dans l'innovation sociale soit retoquée si elle utilise un mauvais formulaire.

Et puis nous réclamons la souplesse dans l'emploi, sans pour autant faire n'importe quoi. Aujourd'hui, on risque de précariser le modèle social parce que de petits patrons n'osent plus embaucher et ont recours à des indépendants au lieu de recruter.

A l'échelon local, quel est le poids de la CPME 90?

Nous avons dépassé les 120 adhérents, grâce au travail d'une première chargée de mission à mi-temps et aujourd'hui d'une chargée de mission à temps plein. Nous avons relancé la CGMPE 90 en 2009, d'abord par le bouche à oreille. En 2015, nous avons passé les 100 adhérents.

Pour une CCI de l'Aire urbaine

A quand une CMPE de l'Aire urbaine? 

En 2009, nous étions une CGPME du Territoire de Belfort. Lorsque je me suis engagé à la présidence, j'ai demandé que le rayonnement de la structure soit à l'échelon de l'Aire urbaine. Au national, j'ai eu un accord de principe, car c'est l'avenir, mais nos statuts précisent que le découpage est départemental. La puissante délégation du Rhône s’opposerait à un changement, car cela lui poserait des problèmes avec Lyon. Mais l'accord de principe demeure pour l'Aire urbaine. Le CA est composé à 50% de Montbéliardais et 50% de Belfortains, et nous n'avons pas de soucis avec le canton d'Héricourt.

Par contre, je me bats pour une CCI de l'Aire urbaine : on ne peut pas laisser les élus avancer sur ce dossier et les regarder faire sans être acteurs. Avec la réforme des CCI et le changement de donne, je pense que cela peut aboutir sous ce mandat. Ce n'est pas neutre, parce que cela implique la disparition de la CCI du Territoire de Belfort au bénéfice d'une nouvelle CCI de l'Aire urbaine, dans laquelle les Belfortains ne seraient pas majoritaires. Le discours de certains Bisontins disant que Belfort veut tout manger ne tient donc pas.

Je suis aussi pour une fusion des chambres consulaires (CCI, chambre des métiers et chambre d'agriculture). La réforme des CCI a contraint à faire des économies sur l'opérationnel. La fusion des chambres consulaires permettrait de vraies économies d'échelle sans nuire à l'opérationnel.

Vous évoquez l'engagement et l'éthique dans votre invitation à vos vœux 2017? Qu'est-ce que cela recouvre?

Nous allons mettre en avant notre plate-forme sur le RSE et elle sera opérationnelle ici en 2017. Nous allons aussi lancer un groupe de travail sur le burn-out des chefs d'entreprise. Il n'y a aucun outil de ce genre sur le territoire du ressort du tribunal de commerce. Nous allons soit reprendre un outil existant, soit en adapter un. Le CPME de Haute-Saône souhaite s'y associer. Nous incitons aussi les chefs d'entreprise à s'engager politiquement, quelle que soit la couleur, que ça soit dans les conseils municipaux ou à l'Assemblée. S'il y avait plus de chefs d'entreprise élus pour apporter leur regard, les choses se passeraient mieux.

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.