PSA ne compte pas que sur le succès de ses nouveaux modèles pour redevenir rentable. Le groupe met en place un programme de développement à travers le monde pour acroitre "son empreinte géographique". PSA ne compte pas que sur le succès de ses nouveaux modèles pour redevenir rentable. Le groupe met en place un programme de développement à travers le monde pour acroitre "son empreinte géographique". (doc PSA Peugeot-Citroën)

PSA confirme son retour en Inde

Le groupe sochalien a confirmé une information du quotidien "Les Echos" de ce week-end qui annonçait la signature d'une co-entreprise. L'objectif est de produire 100 000 véhicules en Inde.

PSA va reprendre la route des Indes en 2020: le constructeur français a annoncé aujourd'hui mercredi avoir fondé deux co-entreprises de véhicules et de moteurs afin de tenter de profiter d'un marché automobile à fort potentiel. Une information qui avait filtré ce week-end.

Le groupe souhaite se doter d'une capacité initiale de fabrication de 100 000 véhicules par an, en coopération avec le conglomérat local CK Birla qui investira avec lui près de 100 millions d'euros dans ce projet, a-t-il précisé dans un communiqué.

Concrètement, PSA (marques Peugeot, Citroën et DS) a signé des accords avec CK Birla pour fabriquer des véhicules et des moteurs dans l'Etat du Tamil Nadu (sud) dont la capitale est Chennai.

PSA détiendra une part majoritaire dans la co-entreprise qui assemblera et distribuera des voitures particulières du groupe français en Inde, tandis que la joint-venture de groupes motopropulseurs sera détenue à part égale entre PSA et son partenaire.

Un investissement évolutif

"La capacité de fabrication initiale sera d'environ 100 000 véhicules par an et bénéficiera d'un investissement complémentaire au fur et à mesure de la montée en puissance du projet à long terme", a assuré PSA, qui a laissé entendre que l'usine de moteurs approvisionnerait des constructeurs tiers.

"La capacité de production des groupes motopropulseurs répondra aux besoins du marché intérieur et de constructeurs mondiaux", a souligné le groupe français, en promettant "un degré élevé d'intégration locale, afin d'atteindre le niveau requis de compétitivité des coûts".

Il s'agit pour PSA d'une nouvelle étape dans l'application du plan stratégique "Push to pass" dévoilé au printemps 2016, et qui vise à placer le groupe automobile français sur la voie de la "croissance rentable", notamment en étendant son empreinte géographique. L'entreprise a déjà posé en 2016 ses pions en Iran, autre marché censé se développer fortement dans les années à venir, après plusieurs pays d'Afrique (Maroc, Nigeria, Ethiopie...)

Un pays au faible taux de motorisation

Au milieu des années 1990, PSA avait assemblé des Peugeot 309 dans le cadre d'un partenariat avec la société indienne PAL, mais les ventes n'étant pas au rendez-vous, il avait fini par jeter l'éponge et se retirer en 1997. L'idée d'un retour en Inde avait été évoquée dès 2011. PSA avait même indiqué avoir choisi l'Etat du Gujarat (ouest) pour implanter une usine, investissement de 650 millions d'euros à la clé. Mais ce projet avait été reporté puis abandonné au moment où le constructeur traversait une grave crise qui avait failli le conduire au dépôt de bilan.

Le marché automobile indien est vu comme prometteur, avec seulement 2,8 millions de voitures particulières écoulées par an, selon les derniers chiffres de la Société indienne des constructeurs automobiles. Le taux de motorisation reste extrêmement faible, à 22 véhicules pour 1.000 habitants en 2014, soit 30 fois moins qu'en Europe occidentale.

En volume, le parc roulant a triplé en dix ans, mais sa croissance, bridée notamment par des infrastructures insuffisantes, est encore loin d'atteindre celle qu'a connue la Chine, devenu premier marché mondial en l'espace de 20 ans.

"Ce partenariat à long terme permettra aux deux entreprises de contribuer à la croissance du marché automobile indien, dont la production devrait atteindre 8 à 10 millions de voitures d'ici à 2025", a affirmé PSA ce mercredi.

L'investissement de près de 100 millions d'euros semble relativement modeste en regard du montant annoncé par PSA en 2015 pour implanter une usine au Maroc: 557 millions avec une capacité initiale de 90 000 unités par an. Conglomérat industriel siégeant à New Delhi, tenu par une famille issue de la communauté marchande du Rajasthan, CK Birla est notamment présent dans le secteur de la construction ainsi que la production d'engins mécaniques et de pièces détachées.

Employant 20 000 personnes, le groupe revendique sur son site internet un chiffre d'affaires de 1,6 milliard de dollars, à mettre en rapport avec l'activité de PSA en 2015 (56,3 milliards d'euros).

(Source : AFP)

 

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.