PSA (Peugeot - Citroën - DS) s'intéresse à Opel, branche européenne de General Motors, mais aucun accord n'a pour l'instant été trouvé. PSA (Peugeot - Citroën - DS) s'intéresse à Opel, branche européenne de General Motors, mais aucun accord n'a pour l'instant été trouvé. DR

Automobile: PSA étudie le rachat d'Opel

L'entreprise sochalienne étudie la possibilité de racheter Opel, dont les activités sont en déficit pour le 16e exercice consécutif, mais dont les dirigeants espèrent un retour à l'équilibre en 2018.

 le   Lion de Peugeot va-t-il croquer l'éclair d'Opel? Le groupe automobile français PSA réfléchit en tout cas à la possibilité d'acquérir les activités européennes de l'américain General Motors (GM), en déficit chronique.

PSA (marques Peugeot, Citroën et DS) "explore la possibilité d'acquérir Opel et Vauxhall", alors que PSA et GM sont déjà liés par des projets industriels communs, a indiqué un porte-parole de l'entreprise.

"Depuis 2012, General Motors et le groupe PSA ont mis en oeuvre une alliance qui couvre, à ce jour, trois projets en Europe, qui ont généré des synergies assez importantes", a remarqué ce porte-parole.

"Dans ce cadre, General Motors et le groupe PSA examinent régulièrement l'opportunité d'étendre leur coopération, et le groupe PSA confirme explorer de nombreuses initiatives stratégiques dont le but est à la fois d'améliorer la rentabilité et la performance opérationnelle, y compris un rapprochement avec Opel et Vauxhall", a-t-il ajouté. C'est sous cette dernière marque que sont commercialisés au Royaume-Uni les véhicules connus sur le continent sous la marque Opel.

Une perte de 15 milliards de dollars depuis 2000

Cette révélation intervient une semaine après l'annonce par GM d'une perte de 257 millions de dollars pour ses activités européennes, son 16e exercice annuel consécutif dans le rouge sur le Vieux continent.

Le colosse de Detroit a perdu plus de 15 milliards de dollars en Europe depuis 2000 et ne table désormais sur un retour à l'équilibre qu'en 2018, après une année 2016 plombée par les premières conséquences du Brexit et la baisse du cours de la livre sterling.

En 2009, GM, au bord de la faillite, avait entamé des discussions avec des repreneurs potentiels pour ses activités en Europe et l'équipementier canadien Magna semblait avoir les faveurs des autorités allemandes avant que GM ne se ravise.

GM pâtit, selon les analystes, de surcapacités et d'un portefeuille de produits mince comparé à ses concurrents généralistes en Europe. Le groupe y utilise seulement 63% de ses capacités de production, contre une moyenne de 71% pour l'ensemble de l'industrie, d'après le cabinet LMC Automotives.

Bon accueil boursier

Alors que le cours de l'action Peugeot bondissait de plus de 4,6% à la Bourse de Paris à la mi-journée, PSA a souligné dans un communiqué qu'"à ce stade, il n'existe aucune certitude sur la conclusion d'un éventuel accord".

Un rapprochement entre PSA et GM Europe, dont les contours restent à préciser, pourrait aider le constructeur français à parvenir à une taille critique, élément jugé important dans une industrie à faibles marges, gourmande en capitaux et en dépenses de recherche et développement.

PSA a immatriculé en 2016 3,15 millions de véhicules, loin derrière le quatuor de tête qui oscille autour des 10 millions d'unités chacun - Volkswagen, Toyota, General Motors et Renault-Nissan, récemment renforcé de Mitsubishi. En 2016, Opel et Vauxhall ont immatriculé environ 1,2 million de véhicules.

Ferdinand Dudenhöffer, directeur de l'institut de recherche sur l'automobile CAR, a exprimé son scepticisme quant à "une constellation composée de Peugeot et d'Opel (qui) ne produirait pas grand chose, car les deux se marchent dessus en Europe". En revanche, les deux entreprises "sont peu ou pas du tout représentées là où il y a de la croissance", a-t-il affirmé à la télévision allemande.

General Motors et PSA ont été brièvement liés par une alliance en 2012-2013, ensuite réduite à une coopération sur des projets ponctuels après la sortie du géant américain du capital de l'entreprise française.

Parmi ceux-ci, un petit utilitaire sur base commune doit sortir de l'usine de PSA à Vigo (Espagne) l'année prochaine. Deux autres projets communs concernent respectivement la construction d'un "ludospace" dans l'usine de GM à Saragosse, également en Espagne, et d'un 4x4 urbain de taille moyenne dans l'usine historique de Peugeot à Sochaux (Doubs).

Le montant d'un éventuel rachat reste la grande inconnue. PSA, après avoir frôlé la faillite en 2013-2014 et n'avoir dû son salut qu'à l'arrivée au capital d'un partenaire chinois, Dongfeng, et de l'Etat français, est revenu dans le vert dès l'exercice 2015 en dégageant 1,2 milliard d'euros de bénéfice net. Ses résultats 2016 seront publiés le 23 février.

Opel, dont le symbole est le "blitz" (éclair), a été fondé en 1862 à Rüsselsheim au sud-ouest de Francfort. A fin 2015, l'entreprise employait 35600 salariés, dont 18250 en Allemagne. En Europe, Opel produit au total dans dix usines réparties dans six pays.

(Source : AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.