PSA: Berlin décidé à défendre les sites et les emplois d'Opel

Le gouvernement allemand entend être vigilant quant à un éventuel rachat d'Opel par le constructeur automobile français PSA Peugeot – Citroën. La ministre de l'Economie allemande a contacté son homologue français, Michel Sapin, à ce sujet.

Le gouvernement allemand, surpris par la révélation de discussions sur un rachat d'Opel par le français PSA, va s'impliquer pour défendre les sites allemands et les emplois du constructeur à l'éclair, selon plusieurs déclarations officielles mercredi.

"Il s'agit d'une décision entrepreneuriale, que je ne vais pas ici maintenant évaluer, mais le gouvernement se fera une idée à ce sujet à la lumière des discussions" qui vont avoir lieu entre toutes les parties, a déclaré le porte-parole du gouvernement Stefan Seibert lors d'un point presse régulier. "Nous sommes actuellement dans une phase où les ministres spécialisés discutent avec toutes les parties concernées", a-t-il ajouté. 

La ministre de l'Economie social-démocrate Brigitte Zypries doit notamment entrer en contact ce mercredi avec son homologue français Michel Sapin, a indiqué la porte-parole du ministère Tanja Alemany lors la conférence.

La ministre allemande irritée

Une rencontre entre la chancelière conservatrice Angela Merkel et le patron de PSA Carlos Tavares n'est actuellement pas à l'ordre du jour. "La chancellerie n'a pour le moment pas reçu de demande officielle",  mais Angela Merkel n'exclut pas une telle rencontre, a indiqué Stefan Seibert.

Un porte-parole de PSA avait indiqué mercredi que Carlos Tavares souhaitait rencontrer la chancelière et les organisations syndicales d'Opel pour évoquer le projet de rachat.

Mme Zypries n'avait pas caché son irritation mardi, qualifiant "d'inacceptable" la révélation de discussions de General Motors (GM), maison mère américaine d'Opel, avec PSA sur une vente éventuelle du constructeur, sans que le sujet ait été auparavant discuté avec les représentants du personnel et le gouvernement régional de Hesse (ouest), le siège d'Opel étant basé dans ce Land, à Rüsselsheim.

La présidente de GM Europe, Mary Barra, était en visite au siège allemand mercredi, de même que le président du conseil de surveillance d'Opel Dan Ammann, a indiqué un porte-parole d'Opel, ajoutant que l'entreprise ne ferait aucune autre communication à ce sujet.

"Opel est de notre point de vue une entreprise innovatrice avec une longue tradition sur le sol allemand. Il y a des sites importants ici, aussi bien dans la production que dans la recherche et le développement, dont l'avenir nous importe", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Stefan Seibert.

Opel, dont le symbole est le "blitz" (éclair), a été fondé en 1862 et se trouve aux mains de GM depuis 1929. Fin 2015, l'entreprise employait 35600 salariés, dont 18250 en Allemagne. Opel, en perte depuis 1999, produit au total dans dix usines réparties sur six pays en Europe.

(Source : AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.