Les élus du Pôle métropolitain de Belfort - Montbéliard - Héricourt, réunis ce samedi matin à Montbéliard. Les élus du Pôle métropolitain de Belfort - Montbéliard - Héricourt, réunis ce samedi matin à Montbéliard. (© MyAireUrbaine - Simon Vermot-Desroches)

Pôle métropolitain: "oui" pour le prix unique des transports, "oui mais" pour le rapprochement des théâtres

Le tout nouveau pôle métropolitain Belfort-Montbéliard-Héricourt s’est réuni le samedi 8 avril pour évoquer le futur de l’Aire urbaine. Si le projet de tarif unique de transport en commun a fait l'unanimité, le devenir des théâtres de Belfort et de Montbéliard a provoqué plus d'une heure de débat. Les maires de Belfort et de Montbéliard n'ont pas pu accorder leurs violons.

Créé en septembre 2016, le pôle métropolitain rassemble les communautés d’agglomération de Montbéliard et de Belfort, ainsi que les communautés de communes du pays d’Héricourt, du sud Territoire et celle des Vosges du Sud. Au total, ce sont plus de 300 000 habitants qui vivent dans ce territoire de plus de 1200 km◊. Une quarantaine d’élus, qu’ils soient maires, députés, sénateurs, adjoints au maire, ou présidents de communauté de commune se réunissent donc pour insuffler une dynamique locale.

Aujourd’hui, après des années de discussion, le projet est enfin lancé et les sujets de fond abordés.

 

Pour cette première séance de travail au pôle métropolitain, les élus se disaient « prêts à relever les défis du territoire », « mettre de côté la politique et travailler pour les citoyens ». C’est dans cette optique que le premier sujet débattu concerne les transports en commun. « Cela fait partie des actions du pôle métropolitain, puisque le pôle métropolitain n’a pas de compétence, mais il a pour mission de mettre en musique, de nous faire progresser ensemble et de guider ce territoire. Allez! Soyons audacieux, vers l’excellence » entame Charles Demouge!

Avec l’arrivée de l’espace médian, les transports sont devenus un véritable enjeu surtout pour le pays de Montbéliard, dont certains villages se trouvent très éloignés de l’hôpital et de la gare TGV, notamment. La création d’un tarif unique a été adoptée lors des différents conseils d’agglomération.

Une délégation aux transports a donc été créée pour faire avancer le sujet avec un représentant de chaque EPCI (établissement public de coopération intercommunale). Le débat est riche, pointant du doigt les faiblesses du système actuel, proposant des solutions, et signalant l’urgence de la situation. « Le groupe est constitué, vous n’avez plus qu’à vous mettre au travail, parce qu’il y a urgence » a conclu Charles Demouge provoquant les rires de l’assemblée.

 

Les théâtre de Belfort et Montbéliard divisent

 

Mais le deuxième grand débat ne s'est pas déroulé de la même manière. Ce débat, il a porté sur le rapprochement de Ma Scène nationale à Montbéliard et du Granit à Belfort. Tous étaient en accord avec un rapprochement des deux scènes. Le débat a pourtant duré une heure.

En charge de la culture dans le nouveau PMA, Claude Perrot, s’étonne « de ne pas avoir traité ce sujet à PMA, qui est l’un des plus gros financeurs de Ma Scène nationale, et donc qui devrait être consulté avant de prendre ces décisions au sein du pôle métropolitain. »

Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard va dans son sens et ajoute « cette délibération est extrêmement fragile juridiquement et je voterai contre cette délibération ».

En effet, plusieurs élus de PMA demandent le report du vote, après que l’assemblée du pays de Montbéliard aura pu débattre sur le sujet et avant que le pôle métropolitain ne prenne une décision. « On met la charrue avant les bœufs, » déclare Marie-Noëlle Biguinet.

Mais Charles Demouge refuse de remettre le vote à plus tard. Damien Meslot, premier concerné puisque Le Granit a eu une baisse de subvention cette année, précisément à cause du rapprochement de ces deux scènes et la désignation d’un directeur unique, considère alors que « dire qu’il n’y a pas eu de débat est une tartuferie » en ciblant la maire de Montbéliard. Il met ensuite en balance le choix des élus: « Si ce n’est pas adopté, alors il n’y aura pas de direction unique et la ville de Belfort se mettra à la recherche d’un directeur pour le Granit; je ne veux pas mettre ce théâtre en danger ».

Accusé de « menaces et de chantages » par Claude Perrot, Damien Meslot a finalement eu le dernier mot: le vote lui a été favorable (19 voix pour, 10 abstentions et 3 contre, dont la maire de Montbéliard).

Si les élus ont cherché à faire apparaître un vrai désir d’avancer et de ne pas se retrouver dans de petites querelles politiques, il n’est pas toujours facile de s’en défaire. 

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.