John Flannery, 55 ans, actuellement le patron de la division santé de GE, va succéder à Jeff Immelt. John Flannery, 55 ans, actuellement le patron de la division santé de GE, va succéder à Jeff Immelt. (© GE)

Départ de Jeff Immelt, le PDG de GE après seize ans de règne

M. Immelt, en poste depuis 2001, va d'abord céder les fonctions de directeur général à John Flannery, 30 ans dans l'entreprise, le 1er août et ensuite celles de président du conseil d'administration le 31 décembre au moment de prendre sa retraite

General Electric a annoncé lundi le départ inattendu après seize ans de règne de son PDG, Jeff Immelt, qui a entamé le recentrage du conglomérat vers ses racines industrielles, afin de tourner la page douloureuse de la crise financière.
M. Immelt, en poste depuis 2001, va d'abord céder les fonctions de directeur général à John Flannery, 30 ans dans l'entreprise, le 1er août et ensuite celles de président du conseil d'administration le 31 décembre au moment de prendre sa retraite, a détaillé le groupe de Boston (nord).
John Flannery, 55 ans, est actuellement le patron de la division santé de GE, dont le chiffre d'affaires a augmenté de 5% l'an dernier. Il est entré dans le groupe en 1987 et a dirigé différentes activités internes aussi bien aux Etats-Unis qu'à l'international.
"John est la personne idoine pour diriger GE aujourd'hui", a déclaré M. Immelt. "Les investisseurs lui feront confiance, ainsi que nos clients et les salariés de GE", poursuit-il.
Cette annonce est "un grand honneur", a pour sa part déclaré John Flannery.
A Wall Street, le titre bondissait de 3,22% à 28,84 dollars dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance.

Pression d'un activiste

GE explique que le départ de Jeff Immelt, dont l'un des gros faits d'armes restera sans doute le rachat du pôle énergie du fleuron français Alstom, est l'aboutissement d'un plan de succession mis en place depuis 2011, alors que on avenir faisait l'objet de spéculations depuis quelques années.
Ce changement de direction intervient en effet au moment où l'investisseur activiste Nelson Peltz, une des voix influentes de Wall Street, a investi dans General Electric, très affecté par le plongeon des prix du pétrole.
Face à une stagnation des revenus, M. Peltz, via son fonds d'investissement Trian Fund Management, faisait pression sur Jeff Immelt pour que ce dernier dope les bénéfices en effectuant d'importantes réductions de coûts. M. Peltz est célèbre pour des bras de fer avec les directions des entreprises dans lesquelles il prend des participations.
Comme une partie de la communauté financière, le financier doutait que GE puisse atteindre l'objectif de 2 dollars de bénéfice par action ajusté à l'horizon 2018 fixé par Jeff Immelt. Ce bénéfice était de 1,49 dollar en 2016.
Jeff Immelt avait tenté de gagner du temps en annonçant en avril un plan d'économies de 2 milliards de dollars en 2017 et 2018, soit le double de ce qui était prévu trois mois plus tôt. Il avait également décidé de revoir le programme de rémunération des dirigeants.

Bientôt un géant mondial qui pèsera 32 milliards de chiffre d'affaires

Carrure imposante et le verbe facile avec les journalistes, M. Immelt avait fait le pari de recentrer GE sur ses racines industrielles (fabrication des turbines à gaz, centrales électriques, moteurs d'avions, équipements médicaux) et de céder la plupart des actifs financiers (GE Capital) et ceux jugés peu rentables tel l'électroménager. GE Capital, considérée pendant longtemps comme la cinquième banque américaine, a enregistré de lourdes pertes du fait de son exposition à la crise des crédits immobiliers "subprime" et a par conséquent handicapé pendant longtemps GE. Elle comptait par exemple pour près de 45% des bénéfices fin 2013.
Mais cette stratégie de "simplification" a été contrariée par le plongeon des prix du pétrole et du gaz au printemps 2014, qui a tout particulièrement affecté la division énergie. Celle-ci développe des équipements destinés au forage de puits pétroliers, à la prospection et la production d'hydrocarbures et à la construction de plateformes.
Pour arrêter l'hémorragie, GE est en train de finaliser la fusion de cette activité avec celle de son compatriote Baker Hughes afin de créer un géant mondial du secteur pesant 32 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Le mariage devrait être célébré d'ici début juillet.
(AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.