Denis Sommer, Bruno Kern, Christophe Grudler, Frédéric Cartier et Michel Zumkeller. Denis Sommer, Bruno Kern, Christophe Grudler, Frédéric Cartier et Michel Zumkeller. ©myaireurbaine.info - Laurent Fikfak

Législatives : la CPME 90 asticote les candidats du second tour !

La CPME 90 a organisé ce mercredi 14 juin un débat réunissant des candidats aux élections législatives du dimanche 18 juin. Cinq des dix finalistes des cinq circonscriptions de l’Aire urbaine ont répondu présent.

La CPME 90 (confédération des petites et moyennes entreprises) a mis les petits plats dans les grands pour cette soirée. Retransmission en direct sur Facebook des débats, avec une réalisation vidéo assurée par Time Prod. Deux animateurs. L’amphithéâtre de la CCI de Belfort… La CPME 90 veut communiquer et sensibiliser élus et citoyens aux problématiques des petits et moyennes entreprises. On sent que le sujet leur tient à cœur. « Nous voulons avoir les meilleures conditions pour prendre plus de risques. Avoir plus de libertés pour entreprendre », lance aux candidats en introduction Louis Deroin, le président de l’organisation patronale. Cinq des dix candidats des cinq circonscriptions de l’Aire urbaine (lire ci-dessous) qualifiés pour le second tour des élections législatives étaient présents.

Le timing de ce débat de deux heures trente était ultra calibré. Une série de questions avait été préparée et attribuée aux candidats, disposant d’un joker pour répondre à une question supplémentaire par thématique. Et le public pouvait ensuite adresser une question à chaque candidat. Ce qui a eu le mérite d’éviter la foire d’empoigne, même si Michel Zumkeller (UDI) et Bruno Kern (La République en Marche), tous les deux candidats dans la 2nde circonscription du Territoire de Belfort, ont bien tenté de glisser quelques tacles.

Le quotidien face aux législateurs

Devant un parterre d’une trentaine de chefs d’entreprise, les élus ont tous voulu montrer leurs bonnes intentions à les écouter, les aider et les accompagner. Car dans la salle, les problématiques sont multiples. Les défis quotidiens. Les impasses, parfois, difficiles à contourner. L’avantage de ce débat, c’est qu’il a vraisemblablement mis tout le monde d’accord ! « On est tous d’accord. On ne peut que souscrire », a même résumé, sourire aux lèvres, Frédéric Cartier. Car on a rarement vu autant de politiciens être en adéquation, répondant systématiquement par l’affirmative aux questions posées, issues notamment des propositions de la CPME adressées aux candidats à la présidence de la République. C’était presqu’une opération séduction.

Dans la salle, le public s’est pris au jeu des questions. « Qu’en sera-t-il du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) », se questionne une chef d’entreprise de 90 salariés. On aborde notamment la baisse des charges. Une autre personne s’inquiète de l’évolution du statut d’auto-entrepreneur. Les élus présentent leur avis : attention à la concurrence déloyale ; c’est un moyen pour se développer… Avec le public, les inquiétudes sont teintées de concret. Mais comme le résume Bruno Kern, « député, c’est d’abord soutenir des mesures ». Des mesures dont les orientations sont inscrites dans un programme. Celui d’Emmanuel Macron qu’il invite plusieurs fois à consulter. Et sur le peu de réponses que les élus apportent, ils sont plusieurs à rappeler les discussions actuelles du gouvernement avec les partenaires sociaux pour préparer une ordonnance estivale sur la réforme du code du Travail. Ce à quoi Michel Zumkeller a rétorqué : « Je veux bien croire qu’il y ait des débats avec les syndicats, mais ce serait bien que les gens aient les bases. »

Travailler à l’échelle de l’Aire urbaine

Si ces questions n’ont pas forcément apporté toutes les réponses souhaitées aux membres du public, le débat est revenu à des questions plus locales. Tous les candidats n’étaient pas du même parti. Certains étaient aussi Doubistes. D’autres Terrifortains. Mais tous ont reconnu l’existence d’un bassin de vie commun à l’Aire urbaine. Christophe Grudler a même envisagé un département du nord Franche-Comté. Tout le monde a en tout cas pu entendre leur volonté de travailler ensemble : « Plutôt que de se faire la guerre, travaillons ensemble ! Le Pôle métropolitain est une instance où l’on travaille bien. » À l’observation des dernières tractations entre les pouvoirs belfortains et montbéliardais, notamment sur la question de la santé dans ce territoire, on ne peut qu’apprécier cette démarche du travail commun mais s’étonner de l’entendre revendiquer.

Ce sujet a permis de dévier sur l’impact des marchés publics pour l’économie locale, avec en ligne de mire, évidemment, le nouvel hôpital nord Franche-Comté. Tous ont invité à prêter attention à la formulation des allotissements, pour que les lots soient accessibles aux entreprises locales. Bruno Kern veut aussi lutter contre la logique des avenants, acceptés après l’attribution du lot et qui permettent à une entreprise de récupérer la marge disparue lors de l’appel d’offre pour baisser les prix et ainsi obtenir les travaux. Frédéric Cartier appelle surtout les élus à passer des commandes et Michel Zumkeller demande du courage. « La loi permet des choses », affirme le seul député présent, en poste depuis 15 ans. Christophe Grudler invite pour sa part les collectivités territoriales à conditionner les dons gracieux de terrains. Stéphane Jacquemin, vice-président de la CPME 90 et co-animateur de la soirée, a rappelé à ce sujet l’existence de la plateforme Etre BFC aux élus, dont « La mission (…) est de mettre en avant la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise pour favoriser l’emploi locale ».

Au cours de cette soirée, le CPME 90 a surtout rappelé son désir de simplification des procédures administratives. Et son discours, elle compte bien continuer à le distiller aux futurs parlementaires : elle envisage des rencontres annuelles avec les sénateurs et les députés de l’Aire urbaine.

Cinq candidats sur dix

Cinq des dix finalistes des élections législatives du 18 juin étaient présents : Denis Sommer, candidat de La République en Marche dans la 3e circonscription du Doubs ; Bruno Kern, candidat de la République en Marche dans la 2nde circonscription du Territoire de Belfort ; Christophe Grudler, candidat MoDem soutenu par La République en Marche dans la 1ère du Territoire de Belfort ; Frédéric Cartier, candidat Les Républicains dans la 3e circonscription du Doubs ; et Michel Zumkeller, candidat UDI-Les Républicains dans la 2nde du Territoire de Belfort. Il n’y avait aucun des deux candidats FN encore en lice (Sophie Montel et Maurice Monnier), ni Frédéric Barbier (LREM), Ian Boucard (Les Républicains) et Jérôme Lejeune (LREM).

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.