Vingt étudiants de l'UTBM ont écouté l'expérience d'entrepreneurs, anciens étudiants de l'école technologique de l'Aire urbaine. Vingt étudiants de l'UTBM ont écouté l'expérience d'entrepreneurs, anciens étudiants de l'école technologique de l'Aire urbaine. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

L’entrepreneuriat expliqué par des anciens de l’UTBM

Il y avait une ambiance de fête d’anciens élèves à l’UTBM de Sévenans, ce mardi 29 août. À peine rentrés de vacances, les étudiants du master entrepreneuriat et technologique et industriel ont pu profiter de l’expérience d’anciens élèves qui ont lancé leurs entreprises.

« Nos 20 étudiants sont rentrés en cours hier, ils sont plein d’énergie et de bonnes idées. Nous avons donc décidé d’organiser cette rencontre très tôt », annonce Françoise Glenny, la responsable de la fondation UTBM. C’est elle qui s’est occupée de contacter quatre anciens élèves, qui ont lancé leur entreprise ou repris une entreprise après leurs études. Ils sont là pour faire naître des vocations et partager leur expérience ; une expérience pas toujours très rassurante, mais très instructive !

Se lancer dès la sortie de l’école, pas forcément la bonne idée

« Ils ont tous une idée ou l’envie d’entreprendre. C’est le but de ce master. On doit leur montrer qu’il ne suffit pas d’une idée, qu’il y a autour de l’idée un processus pour créer une entreprise », confie Katy Cabaret, la responsable du master. En face des étudiants, deux ingénieurs informatiques, un en mécanique et un doctorant. Et premier coup dur pour les élèves prêts à en découdre dès leur sortie de l’école : « Il faut prendre son temps. J’ai créé une première entreprise avec un copain, on s’amusait bien et nous nous sommes lamentablement vautrés ! déclare Zo Rasatavohary (co-créateur de DIGIT-PRIME à Belfort) avant d’ajouter : L’impatience vous fera faire n’importe quoi ! » Les entrepreneurs conseillent donc aux étudiants de travailler un temps dans une entreprise avant de se lancer. « Si vous ne comprenez pas la logique d’entreprise, vous ferez toutes les conneries possibles en vous lançant », surenchérit Yannick Jost (président fondateur de STRATAGGEM à Strasbourg).

Être bien entouré, la clé de la réussite

Après ce léger refroidissement des ardeurs étudiantes, la présentation devient un peu plus technique et les conseils se font plus précis. « Il vous faut un réseau. Il faut que vous ayez autour de vous des personnes qui puissent vous dire “ton idée est intéressante” ou “elle est complètement nulle”. Il faut pouvoir améliorer des choses et en enlever d'autres… Il faut que vous ayez des clients potentiels avant même d’avoir un prototype ! » affirme Sébastien Salmon (président fondateur de Optimization Command & Control Systems à Besançon). Pour étayer cette idée, il donne l’exemple de DropBox, le service en ligne de stockage de données : « Au départ, il n’y avait aucune technique, juste un visuel de site web ! Il a trouvé des personnes intéressées et s’est lancé. C’est dans cet ordre que vous devrez travailler. » Le débat avec les étudiants s’anime et les entrepreneurs n’hésitent pas à leur présenter leurs futures contraintes… de l’importance d’un associé aux difficultés à être chef d’entreprise, du travail commercial aux nouvelles manières de créer son entreprise grâce aux financements participatifs… chaque sujet est décortiqué. Si l’enthousiasme des étudiants chute légèrement après seulement deux journées de cours, « c’était super intéressant », reconnaît toutefois un étudiant apparemment ravi de la rencontre. Qui sait, peut-être que ces conseils serviront à un futur Steve Jobs ou Mark Zuckerberg présent dans cette salle…

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.