De plus en plus, les responsables de lieux culturels proposent des casques spécifiques pour les enfants. De plus en plus, les responsables de lieux culturels proposent des casques spécifiques pour les enfants. (©My Aire Urbaine – Thibault Quartier)

Musique: « Protéger son audition, c’est protéger sa mémoire » [Série]

Baisse le volume (2/4) ! Suite de notre série sur les volumes sonores dans les lieux culturels, à la suite de la publication, début juillet, d'un décret diminuant le nombre de décibels diffusés dans les boites de nuits, les salles de concert ou les bars. La limite est passée de 105 à 102dB autorisés. La Journée nationale de l’audition (JNA) est une association qui rassemble des professionnels de la santé auditive et qui milite pour une meilleure prévention sur les dangers autour du système auditif.

« Il y a une très grande variation quant à la vulnérabilité de chacun. Chaque personne a une sensibilité auditive particulière. Cette mesure de 102dB, c’est proposer une véritable mesure minimum où chacun devrait y trouver son compte », soutient Didier Bouccara, oto-rhino-laryngologiste (ORL) à Paris et secrétaire général adjoint de l’association JNA. Pour ce spécialiste, baisser le niveau sonore des boites de nuits et des salles de concert était nécessaire, et « diminuer la puissance sonore par deux, c’est un bon compromis entre la santé et les directeurs de salles de concert. 3dB, ce n’est pas une mesure isolée ou une petite victoire ».

Les concerts, les gestes de prévention simple

« Chaque année, l’association choisit des moments forts pour réaliser de la prévention. Ce sont entre autres la journée nationale de l’audition (le 8 mars 2018, NDLR), la fête de la musique ou la semaine de la santé auditive au travail », énumère le praticien. Car les statistiques sont assez effrayantes : l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé estime à près de 7 millions le nombre de personnes souffrant de trouble de l’audition. « Le niveau de l’ouïe diminue avec l’âge. Aujourd’hui, des études montrent que les personnes malentendantes ont également des problèmes de mémoire. Protéger ses oreilles, c’est protéger sa mémoire », affirme l’ORL. Les gestes pour se protéger lors de manifestations musicales ne sont pas nombreux : ne pas se coller aux enceintes, faire des pauses, 30 minutes toutes les deux heures ou 10 minutes toutes les 45 minutes et porter des bouchons d’oreilles. Mais attention, pour les retirer, il est nécessaire d’être au calme pour ne pas exposer brutalement ses oreilles à un volume sonore élevé. Le fameux « Qu’est-ce que tu dis ? » en enlevant ses bouchons d’oreilles au milieu du concert est donc à proscrire !

Le danger vient-il vraiment des salles de concert ?

Si les salles de concert et boites de nuit ont une réputation d’endroit propice à « écouter du gros son », les mauvaises habitudes sont nombreuses : « Aujourd’hui, le duo smartphone-écouteurs est devenu une véritable discothèque permanente ! Les habitudes musicales de la population ont totalement changé ces dernières années, assure Didier Boucarra. Les salles de concert, c’est important, mais ce n’est pas le seul endroit de danger pour le système auditif. »

Pour rappel, les préconisations sont de ne pas dépasser les curseurs de sécurité qui apparaissent sur vos téléphones en cas d’utilisation d’écouteurs et de ne surtout pas aller jusqu’au niveau maximal. Il est également recommandé de diminuer le volume après une heure d’écoute.

* Ce vendredi, dans le troisième épisode de cette série "Baisse le volume", nous proposons le portrait d'un ingénieur du son.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.