La direction de PSA Sochaux dément des débrayages de la part d'intérimaires, pourtant annoncés par la CGT intérim. La direction de PSA Sochaux dément des débrayages de la part d'intérimaires, pourtant annoncés par la CGT intérim. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

Sochaux : PSA dément des débrayages d'intérimaires

Selon un tract de la CGT intérim, une vingtaine d’intérimaires ont débrayé sur le site PSA Sochaux ces dernières semaines, pour dénoncer leurs conditions de travail, notifier des erreurs dans leurs fiches de paie ainsi que des inégalités entre salariés en CDD ou en CDI et intérimaires. La direction a démenti tout mouvement sur le site de Sochaux.

Avec le recrutement de plus de 1 000 intérimaires ces derniers mois sur un site qui en comptait déjà près de 1 500 en janvier 2017 d’après la CGT, la vitalité du site de Sochaux du groupe PSA se mesure en fonction de l’intérim. Et il semblerait que des contestations commencent à se faire entendre. D'après le syndicat CGT intérim, une centaine d'intérimaires ont débrayé au cours des deux dernières semaines dans les usines PSA de Rennes et de Sochaux pour dénoncer une « dégradation de leurs conditions de travail » et « le non-respect de l'égalité de traitement entre salariés à statut et salariés intérimaires », notamment en matière de rémunération. Selon la direction de l'usine de Rennes, une cinquantaine d'intérimaires ont débrayé le 19 octobre et une vingtaine le 20. Interrogé par l'AFP, un porte-parole du groupe a confirmé des débrayages d'intérimaires à Rennes, mais pas à Sochaux où la CGT en dénombrait une vingtaine. Et sur le fond des accusations, « on dément formellement toute inégalité de traitement », a-t-il ajouté.

500 euros de moins pour les équipes VSD

Le constructeur dément également que les pauses ne soient pas rémunérées pour les intérimaires et les tenues de travail non nettoyées ou remplacées, comme l'affirme la CGT dans un communiqué. D'après la CGT Sochaux, des intérimaires des équipes de VSD (vendredi, samedi, dimanche) n'ont perçu « qu'environ 1 367 euros nets au lieu des 1 850 euros nets annoncés par PSA et les agences d'intérim ». Il est extrêmement rare que des intérimaires cessent le travail. Pour la CGT intérim, ces débrayages « ne sont que la pointe de l'iceberg du ras-le-bol existant chez les salariés intérimaires ». Contactées, les agences d'intérim mises en cause par la CGT n'ont pas répondu. Ce communiqué fait écho à celui de la CFDT, qui, au mois de septembre, avait mis en cause l’agence d’intérim Go Job, une agence 100 % en ligne. Le syndicat avait dénoncé un « salaire virtuel » pour les intérimaires, puisqu’à cause d’une panne informatique, les salariés de cette agence n’avaient pas été payés. À cela s’ajoutaient des changements d’horaires et des erreurs sur les fiches de paie…

Si le mouvement venait à se généraliser, il pourrait être l'un des premiers mouvement d'envergure de grève d'intérimaires en France. 

(Avec l'AFP)

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.