La ligne Paris – Troyes - Belfort transférée de la SNCF aux régions

Les régions Grand Est et Bourgogne – Franche-Comté veulent rendre rentable la ligne Paris-Belfort en améliorant le service et en renouvelant les trains : 19 nouvelles rames doivent être achetées à Alstom.

Trois lignes de trains Intercités vont être transférées à la région Grand Est, après la conclusion d'accords avec l'Etat qui doivent être approuvés vendredi par le conseil régional, ont annoncé jeudi son président (LR), Philippe Richert, et le gouvernement.

"La région Grand Est deviendra autorité organisatrice des lignes Hirson-Metz et Reims-Dijon à compter du 1er janvier 2017, et de la ligne Paris-Troyes-Belfort au plus tard au 1er janvier 2018, en concertation et avec la participation financière de la région Bourgogne-Franche-Comté et du Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif)", a indiqué le secrétariat d'Etat aux Transports dans un communiqué de presse.

Un déficit de 30 millions d'euros

L'accord principal concerne la ligne Paris-Troyes-Belfort, dont le déficit s'élève à 30 millions d'euros. Elle sera transférée au Grand Est, en lien avec la région Bourgogne-Franche-Comté qui se prononcera également vendredi sur ce projet. "Dans le cadre de cet accord, l'Etat s'engage à accompagner la région en finançant le renouvellement complet du matériel roulant de la ligne Paris-Troyes-Belfort, soit 19 rames Alstom Coradia Liner neuves pour un montant d'environ 275 millions d'euros, qui seront déployées dès 2017", selon le gouvernement. "Par ailleurs, l'Etat versera une contribution de fonctionnement à la région à hauteur de 13 millions d'euros", ajoute t-il.

Les régions Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France compenseront le déficit à hauteur de trois millions d'euros. "C'est un accord qui, je trouve, est équilibré", a réagi Philippe Richert. "Nous pensons améliorer considérablement la rentabilité de cette ligne (...) en augmentant de façon considérable (sa) fréquentation, en offrant de meilleurs services, en offrant des dessertes mieux conçues en fonction des horaires, et en organisant l'articulation avec les TER sur l'ensemble du trajet", assure le président de Grand Est, qui évoque un gain potentiel d'efficacité "de l'ordre de 10 millions d'euros" en trois ou quatre ans.

L'élaboration des nouvelles dessertes se fait dans une "logique de maintien de l'ensemble des arrêts sur le parcours, il n'y aura pas de diminution de fréquence", a souligné Michel Neugnot, premier vice-président (PS) de Bourgogne-Franche-Comté et président de la commission transports de l'Assemblée des régions de France (ARF). "Le ferroviaire doit évoluer", notamment pour pouvoir concurrencer les autres moyens de transport, ajoute t-il, évoquant également l'impératif d'une gestion avisée du budget régional.

Électrification entre Paris et Troyes

Le déficit cumulé des lignes Metz-Hirson et Reims-Dijon est d'une dizaine de millions d'euros. L'Etat a entamé en juillet une concertation avec les régions sur le transfert de certaines lignes TET (Trains d'équilibre du territoire), c'est-à-dire les grandes lignes hors TGV. Le conseil régional de Normandie a été le premier en France à signer un accord. "Les discussions se poursuivent avec d'autres régions pour parvenir à des accords de ce type dans les prochains jours", a commenté Alain Vidalies. L'Etat restera toutefois autorité organisatrice de six lignes Intercités, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand, Bordeaux-Toulouse-Marseille, Nantes-Bordeaux, Toulouse-Hendaye et Nantes-Lyon.

Par ailleurs, dans le cadre des contrats de plan entre l'Etat et les régions, la ligne Paris-Belfort sera électrifiée entre Paris et Troyes, pour 320 millions d'euros.

(source: AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.