Avant le rachat par Siemens, Alstom va se désengager de ses coentreprises avec GE dans l'énergie. Avant le rachat par Siemens, Alstom va se désengager de ses coentreprises avec GE dans l'énergie. (© MyAireUrbaine))

Alstom va sortir des coentreprises créées avec GE dans l'énergie

Son PDG a annoncé devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qu'Alstom va vendre ses parts dans les coentreprises où il est présent avec GE. Une opération qui permettra de verser des dividendes exceptionnels avant le rachat par Siemens.

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a confirmé jeudi que son groupe allait exercer ses options de vente et sortir de ses coentreprises avec l'américain General Electric (GE) dans l'énergie. Ce désengagement d'Alstom, recentré sur les transports, intervient alors que GE connaît d'importantes difficultés dans sa branche énergie, dont les effectifs vont être réduits de 12000 emplois, la France devant être préservée.

General Electric (GE) "en aura la propriété pleine et entière avec une nuance sur la partie nucléaire" qui doit faire l'objet de discussions, a précisé M. Poupart-Lafarge, qui était interrogé par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les décisions de l'Etat en matière de politique industrielle. "On se désengage", a-t-il ajouté.

Lors de l'accord conclu entre Alstom et Siemens, le groupe français avait déjà suggéré qu'il vendrait toutes les parts qu'il détenait encore dans ces trois coentreprises (énergies renouvelables, nucléaire et réseaux) créées avec General Electric au moment de leur mariage en 2014. Ces participations avaient alors été chiffrées à un total d'environ 2,5 milliards de dollars. Le produit de ces ventes doit notamment permettre de verser aux actionnaires un dividende extraordinaire à l'occasion de la prise de contrôle par Siemens d'Alstom, désormais recentré sur les transports.

"C'est vrai que les anciennes activités énergie d'Alstom n'ont pas leur place dans cette opération", a déclaré M. Poupart-Lafarge. Alors qu'il est reproché à Alstom d'être un actionnaire "dormant" dans ces coentreprises, M. Poupart-Lafarge a assuré que "les règles ont été établies dès le départ sur le rôle d'Alstom dans les joint-venture", à savoir "être là pour vérifier un certain nombre de décisions stratégiques", et qu'"il n'y a pas eu matière à agir" pour le groupe français.
L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, interrogé mercredi par cette même commission, avait proposé "que le gouvernement se débrouille pour faire un accord de place avec l'ensemble des investisseurs pour racheter ces entreprises qui sont très profitables".

(AFP)

Pierre-Yves Ratti

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.