La nouvelle délégation a été adoptée par 94 élus communautaires sur les 112 qui composent l’assemblée de Pays de Montbéliard Agglomération. La nouvelle délégation a été adoptée par 94 élus communautaires sur les 112 qui composent l’assemblée de Pays de Montbéliard Agglomération. (© My Aire Urbaine - Simon Vermot Desroches)

Pays de Montbéliard: jeu de dupes entre les élus et Moventis

En charge de la délégation aux transports depuis le mois de septembre à Pays de Montbéliard Agglomération, Moventis a subi quelques critiques, notamment autour des transports scolaires. Si les élus s’en donnent à cœur joie pour pointer ces problèmes, ils sont, pour leur grande majorité, à la base de ces décisions.

C’est le même refrain depuis le début de la prise de pouvoir de Moventis en lieu et place de Kéolis. Lorsque les transports en commun sont évoqués en conseil communautaire, c’est l’heure des réclamations et des doléances. Le principal sujet de contestation porte sur les bus scolaires. Les conducteurs ont d’ailleurs organisé une journée de grève au mois de décembre, afin de mettre en évidence leurs réclamations par le biais de la CGT-CTPM : « Il y a un manque de moyens et de bus, notamment pour les scolaires. » Les élus pointent le fait que « les collégiens prennent les bus urbains, et c’est un vrai problème », car cela provoque des bus bondés et des retards sur les lignes.

Transports scolaires: une optimisation demandée par les élus de PMA eux-mêmes

Or, ce qui avait motivé le vote pour Moventis lors du passage de témoin de la délégation aux transports, c’est bien le prix et l’optimisation des transports scolaires pour réduire les coûts. La société avait annoncé vouloir « optimiser les transports scolaires » en évitant à deux bus, l’un scolaire, l’autre urbain, de se suivre. Pour rappel, la délégation a été adoptée par 94 élus communautaires sur les 112 qui composent l’assemblée. François Niggli, vice-président aux transports de PMA, le confirme: « Les transports scolaires sont passés du Département à l’Agglomération; il a donc fallu s’adapter. Notre cahier des charges demandait une optimisation de ces transports scolaires. Le système a totalement changé à cause de ce changement de compétence ».

À cela s’ajoute une prise de position de Moventis tardive, et pour l’élu à PMA « organiser des transports scolaires au mois d’août, quand aucun lycée ou collège n’est ouvert, c’est mission impossible. Il y a eu des problèmes, mais ça fait partie de la transition. » Le passage de la délégation de Kéolis à Moventis a eu lieu en juin à cause du passage de PMA de 29 à 72 communes, quelques mois auparavant.

Les élus prennent une décision contre l’avis des conducteurs

Pour pallier ce problème, de nouveaux bus vont faire leur arrivée. L’achat de 25 bus a également été acté par le conseil communautaire pour les futures lignes du THNS et le programme Evolity. Si au mois de juin, le bien des salariés avait été annoncé comme une priorité, aujourd’hui, c’est un peu moins le cas. La CGT-CTPM a écrit au cours du mois de janvier une lettre ouverte aux élus de PMA pour leur dénoncer ce qu'ils considèrent comme un mauvais choix. Alors que les conducteurs préféraient les bus Mercedes, l’assemblée a choisi, contre l’avis de la présidence, des bus Iveco. « Nous avons de très mauvais souvenirs avec les bus au gaz Iveco, assure Pierre Berrard, délégué syndical à la CGT-CTPM. Des pannes récurrentes, des retards de livraison, un manque de qualité de finitions… On aimerait que les usagers du Pays de Montbéliard puissent avoir de bonnes conditions de transports. »
Même refrain chez François Niggli: « Ce n’était pas mon choix, notamment à cause des coûts de maintenance qui sont plus importants pour les bus Iveco. Maintenant, il faut respecter le choix de l’assemblée et faire en sorte que tout se passe bien. »

« Difficile de faire mieux avec moins d’argent »

Dans le dossier d’appel d’offres, Moventis annonçait 4 millions d’économies par rapport au projet de Kéolis au mois de juin. Les élus de PMA avaient donc choisi les économies. Aujourd’hui les syndicats soulignent qu’il « est difficile de faire mieux avec moins d’argent » et demandent à PMA « la mise à disposition de moyens techniques, humains et financiers à la hauteur des besoins des salarié(e)s et des usagers. »
Pour François Niggli, « cela veut tout et rien dire. C’est une question d’adaptation, et s’il est nécessaire d’avoir une ligne en plus, alors nous y mettrons les moyens. Aujourd’hui, les écoles repassent à 4 jours, la répartition des collèges va changer pour la rentrée 2018… C’est une question d’adaptation et, bien sûr, on ne peut pas faire que des heureux. Des milliers d’écoliers doivent être devant leur école entre 7 h 50 et 8 h du matin, alors certains doivent partir tôt ou arriver un peu plus tôt et à la sortie des cours, c’est la même chose… »

Le mot de la fin revient aux syndicats: « Bien sûr tout n’a pas été parfait loin de là, mais avec ce changement dans la précipitation, la transition… Il y a eu une période de flottement et ça a pris du temps à se mettre en place. »

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.