L'actuel site du conservatoire de Pays de Montbéliard Agglomération. L'actuel site du conservatoire de Pays de Montbéliard Agglomération. (© Simon Vermot Desroches - My Aire Urbaine)

Conservatoire : « Le plus beau projet de cette mandature »

Thierry Perrout, le directeur du conservatoire de Montbéliard, au cœur d’une polémique depuis plusieurs mois entre l'agglomération et la Ville de Montbéliard, est venu présenté le projet artistique du site pour les cinq prochaines années en conseil d’agglomération ce jeudi 29 mars.

Pour une fois, concernant le conservatoire, il aura été plus question du fond que de la forme à Pays de Montbéliard Agglomération. Pour une fois, le projet et la force fédératrice du lieu sont passés au-dessus des querelles politiciennes. Actuellement situé au château dans un bâtiment délabré, le conservatoire a créé la polémique lorsque le président de l’agglomération a annoncé son déménagement vers l’ancienne clinique des Portes du Jura. Une annonce retirée quelques jours plus tard, après les vives plaintes de la maire de Montbéliard notamment. Mais ce n'était donc pas le sujet du soir, puisque le projet des cinq prochaines années a été présenté. « J’ai mis 6 heures à lire la version courte de ce projet et c’est sans doute le plus beau de cette mandature », s’est félicité Claude Perrot, vice-président à la culture de PMA.

Un projet structurant pour le territoire

« Entre tradition et innovation, un conservatoire nouvelle génération. » Tel est l’énoncé du projet présenté par Thierry Perrout, directeur de la structure. La culture pour dynamiser l’agglomération et attirer à nouveau. Initialement de 600 pages, le rapport sera présenté avec une certaine émotion visible sur le visage et dans la voix du directeur en une vingtaine de minutes. Après un bref bilan, rappelant que 1 600 personnes, âgées de 3 à 83 ans, profitent de ce service public animé par 95 artistes-enseignants, le directeur évoque le rôle éducatif du lieu et de la culture en général. Parmi les quelques projets évoqués en réunion publique, on trouve un nouveau modèle de classe, à horaires aménagées, pour des groupes d’élèves. Il est également question de la création d’un nouvel orchestre qui prendrait la suite de l’Orkestre Takajouer ; il s’adresse à d’anciens membres de cet orchestre devenu une référence dans le nord Franche-Comté. « Cela annonce de belles nouvelles aventures », a assuré Thierry Perrout. Enfin, le passage au numérique sera également un véritable défi pour la structure, avec pour but d’en faire un outil créatif. « Ce qui attire c’est la différence et l’excellence ! » De quoi augurer d’un avenir serein pour le conservatoire du pays de Montbéliard.

Les politiques à la traine !

Si Claude Perrot a apprécié qu’« on ne parle pas du lieu ou des murs pour une fois » et a appelé « à tirer dans le même sens pour ce beau projet », la future localisation est tout de même venue sur le tapis par la suite. « J’attends que la maire de Montbéliard vienne me voir », a répété, à qui voulait bien l’entendre, Charles Demouge, le président de l'agglomération. La décision de la maire de Montbéliard de participer financièrement au projet, afin que le conservatoire reste dans les murs de la ville, semble avoir apaisé les tensions du mois de novembre. Et l’argumentaire est simple pour Marie-Noëlle Biguinet : « Avec un si beau projet, il nous faut un endroit créé spécialement pour cela. » Elle a mis au passage un petit coup à l’idée initiale du président de placer le conservatoire sur le site de l’ancienne clinique des Portes du Jura. Elle a conclut son allocution par une incitation « à prendre un peu de hauteur pour un tel projet ». Un propos immédiatement soutenu par Martial Bourquin. Le débat s'est clôturé par une demande d’Isabelle Conrod, adjointe à la mairie d’Étupes, appelant la maire de la ville-centre et le président de l’agglomération à prendre des engagements devant eux. Cette demande est restée sans réponse.

Actuellement installé au château, dans un bâtiment vétuste, le conservatoire a fait la moitié du travail pour être le phare culturel de PMA. L’autre moitié appartient aux politiques ; il semblerait toutefois que développer un projet culturel sur cinq ans soit plus simple que de régler une querelle politique.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.