PSA tire l'activité économique de Pays de Montbéliard Agglomération. PSA tire l'activité économique de Pays de Montbéliard Agglomération. (© My Aire Urbaine – Simon Vermot Desroches)

PMA : l’économie du territoire à plein régime

Après une très bonne année 2017 sur le plan économique, Pays de Montbéliard agglomération compte surfer sur cette dynamique. Emplois, consommation, production, tous les voyants sont au verts, malgré quelques dossiers sensibles. Didier Klein, vice-président à Pays de Montbéliard Agglomération en charge de l'immobilier d'entreprise, fait le point.

« Aujourd’hui, la principale remontée qu’on a des entreprises ce sont les besoins en personnel. » Malgré un chômage à 9 %, Didier Klein, vice-président en charge de l’immobilier d’entreprise et à la tête de la commission développement économique à Pays de Montbéliard agglomération l’assure : « Si vous voulez du travail actuellement vous en trouvez. » L’économie de l’agglomération montbéliardaise a vécu une très belle année 2017 à mettre d’abord au crédit de PSA qui, dans son sillon, a entraîné les sous-traitants locaux.

PSA 2022 rassure, Peugeot Japy et Peugeot Scooters inquiètent

Didier Klein, qui participe à la gouvernance économique de l’agglomération depuis 2008, a vu les pratiques d’accompagnement changer : « Aujourd’hui, nous sommes dans un rapport gagnant-gagnant. Nous n’investissons pas pour gagner du temps avec une entreprise qui va s’effondrer, nous investissons dans des projets sur le long terme. » Et la promesse de la nouvelle usine PSA 2022 en est une. « Avec la remise en cause du diesel et les recherches sur l’hydrogène, on se dirige vers une économie environnementale. 2022 peut marquer le début d’une nouvelle ère dans l’automobile et nous devons en être », accentue l’élu. Avec la diminution de la surface de son usine, de grands espaces seront laissés libres. Créer un centre d’échanges, un laboratoire ouvert pour faire progresser le territoire semble une piste privilégiée par l’assemblée de PMA. Si tout roule pour PSA, d’autres industriels sont eux en panne. C’est notamment le cas de Peugeot Japy et Peugeot Scooters. Pour le premier, des discussions ont été entamées avec le nouveau repreneur, Farinia. Outre un investissement de 20 millions d’euros annoncés par le groupe aux élus de PMA, les discussions tournent autour d’une offre de formations en lien avec la Région. Pour Peugeot Scooters, Didier Klein ne cache pas de « grosses inquiétudes » et un dialogue constant sans pour autant en déclarer le contenu : « Une bonne négociation est une négociation qui ne fait pas de bruit », sourit-il.

Diversifier l’activité

Les politiques ne se font pas d’illusions : « Dans l’automobile, si un modèle fonctionne moins bien, c’est tout le territoire qui le paye. » D’où l’importance de diversifier l’activité. À PMA, la tentative de relancer la filière bois à partir de 2010, n’a malheureusement pas pris. Aujourd’hui, les espoirs se placent dans la filière luxe, notamment avec Hermès qui vient de terminer une nouvelle manufacture à Allenjoie ainsi qu’un pôle de formation. « On a quelques inquiétudes pour les entreprises du BTP. Mise à part la fin du THNS (travaux autour des nouveaux services de bus, NDLR), il y a peu de gros projets pour le moment », concède Didier Klein. Enfin, le vice-président salue l’action de Numérica et de la pépinière d’entreprises à Étupes, « une très belle valeur ajoutée à l’économie locale », assure-t-il. Incubateur d’entreprises pour le premier, fourmillement de PME pour la seconde, ils forment un écosystème qui avec le déploiement de la fibre dans le territoire devrait permettre de retrouver une véritable attractivité. Le maire de Taillecourt conclut par un dernier constat : « Les chiffres de la consommation sont bons notamment pour les grandes enseignes. Il y a par contre un immense chantier dans les centres-villes et les centres-bourgs. »

Malgré l’embelli concernant l’emploi, Didier Klein garde en tête la masse de travailleurs intérimaires de PMA : « Ça fonctionne pour le moment et ça permet à beaucoup de monde de trouver du travail, mais il faut y porter une attention toute particulière et encourager l’embauche. »

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.