L'hôpital Nord-Franche-Comté est, par son affluence, un symbole du manque de médecins dans la région. L'hôpital Nord-Franche-Comté est, par son affluence, un symbole du manque de médecins dans la région. (© My Aire Urbaine -Simon Vermot Desroches)

PMA: contre l'avis de son président, l'agglo s'oppose au plan santé régional

Le plan régional de santé proposé par l’agence régionale de santé (ARS) a été refusé par l’assemblée de Pays de Montbéliard agglomération, jeudi soir, contre l’avis de Charles Demouge, son président. Les élus de l'agglomération sont cependant sans réelles solutions face au manque de médecins dans le nord Franche-Comté. Et ils voient venir avec inquiétude les départs en retraite de nombreux médecins en activité.

« On se présente comme le premier pôle économique de la Région; nous avons des salles de concert, une scène nationale qui fait partie des plus grandes de France… Mais, alors au niveau de la santé... » Pierre Schlatter, le maire de Bart, avait décidé de mettre les pieds dans le plat concernant le plan régional de santé. Discuté en séance extraordinaire pour émettre un avis favorable ou défavorable, le projet s’est très vite vu reprocher son côté « très théorique », « loin des réalités » et « sans véritables promesses de financement », principal problème au niveau local.

Si Charles Demouge souhaitait donner un avis favorable avec les réserves évoquées précédemment, il n’a été suivi que par 29 élus sur les 102 présents ce jeudi. Son argument: l’ARS a donné une autorisation pour la création de la future clinique de Montbéliard. Remerciement ou stratégie pour les solliciter par la suite ? Certainement un peu des deux. Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, pourtant vice-présidente et du même parti que le président a choisi de voter contre: « Les réserves sont tellement importantes qu’on ne peut pas voter favorablement à ce projet », s’est-elle justifiée, suivie par la majorité des élus présents.

30 000 € d’argent public pour l’installation d’un généraliste

PMA craint principalement le départ en retraite des médecins les plus âgés, qui ne sont pas remplacés depuis maintenant plusieurs années, ce qui laisse présager le pire. Dans le nord-Franche-Comté, il y a 13 médecins généralistes pour 10 000 habitants. « On est obligé de rappeler des médecins retraités », appuie Éric Lancon.

Mais au niveau de l’agglomération, peu de choses sont possibles. Les maires tentent, avec leurs moyens, d’attirer des médecins de proximité. Le témoignage de Marie-France Bottarlini, maire d’Hérimoncourt atteste d’une réalité difficile à digérer pour ces élus : « Nous avons voulu faire venir un jeune médecin. Il nous a fait une liste de courses: environ 30 000 € d’équipements, un local pour une année… Je dois tout lui offrir pour avoir un médecin ? Jusqu’où dois-je aller pour offrir des soins de proximité ? »

Dès lors, le débat s’articule autour de reproches plus qu’autour de réelles solutions. Des critiques récurrentes autour de l’hôpital Nord-Franche-Comté, aux manques de financement nationaux pour le personnel soignant en passant par les manquements concernant les EHPAD: rien n’est laissé de côté. Il reste alors les solutions nationales, et seul le sénateur Martial Bourquin pour les porter, Denis Sommer, le député étant absent. Augmenter le numerus clausus qui permet à plus de médecins d’être diplômés chaque année, imposer aux nouveaux médecins de venir dans les régions en difficulté pour une durée de cinq ans

Finalement, la seule bonne nouvelle à tirer de ce débat, c’est l’arrivée prochaine de la clinique de soins de suite de Montbéliard dont la première pierre sera posée en mars 2019.

L’urgence est là, les solutions de l’agence régionale de santé en revanche peinent à convaincre des élus, toujours plus sollicités par leurs administrés.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.