Les eaux usées se mèlent aux eaux claires pour terminer leur course dans les cours d'eaux de l'agglomération. Les eaux usées se mèlent aux eaux claires pour terminer leur course dans les cours d'eaux de l'agglomération. (Bruno Haettel, SOS Loue et Rivières Comtoises)

La gestion de l'eau, le gros chantier du pays de Montbéliard

Pays de Montbéliard Agglomération sera en charge de l’eau et de l’assainissement dans l'ensemble de son territoire à partir de 2020. Investissement, travaux, unification tarifaire, le chantier s’annonce titanesque.

« Ce sujet est vital. » Difficile de contredire Charles Demouge, président de Pays de Montbéliard Agglomération, lorsqu’il parle de l’eau potable ! En janvier 2020, Pays de Montbéliard Agglomération aura à sa charge l’eau et l’assainissement de tout son territoire. Aujourd’hui, ce sont une dizaine de systèmes différents qui sont en place, dont certains courent jusqu’en 2023, avec une tarification au mètre cube qui varie de 2,29 à 6,44 euros selon les communes. Unifier tout le réseau, le gérer, l’améliorer et facturer la même somme à chaque habitant, voilà le défi qui attend l’agglomération de Montbéliard.

Une facture à plus de 100 millions d’euros

« Un réseau cela tient 50 ans », assure Charles Demouge. Encore faut-il qu’il soit bon et ce n’est pas vraiment le cas. L’usine de Mathay produit la majorité de l’eau potable du secteur, avec une capacité quotidienne de production avoisinant les 75 000 m³ d'eau potable, sur les 83 000 m³ d'eau potable traités dans l'ensemble du territoire de PMA. Chaque année, ce sont 7,1 millions de m³ qui sont consommés par la population, alors que 9,5 millions sont mis en distribution. Soit une perte de 2,4 millions de mètres cubes par an. Ceci est dû principalement à l’état des infrastructures, qui sont considérées comme acceptables dans l’ensemble, mais qui offrent des qualités de rendement médiocre voire mauvaise dans certaines zones ; c'est le cas par exemple du syndicat mixte Sivom, qui alimente Berche et Dampierre et qui dispose d'un rendement de 56 %. Le renforcement des systèmes de recherche et de suppression des fuites et le renouvellement des canalisations et branchements sont nécessaires selon un premier rapport réalisé par le groupe Artelia. Concernant l’eau potable, il faudra investir entre 35 et 65 millions d’euros. Pour l’assainissement, la facture s’élève entre 55 et 102 millions d’euros.

DSP, régie... la recherche « du meilleur rapport qualité-prix »

Il faudra donc mettre la main à la poche très prochainement. Dès lors, il faudra un minimum d’organisation et un outil capable d’intervenir sur la totalité des 72 communes. Le choix d’une délégation de service public peut être fait. Cette dernière interviendra des travaux à la facturation. Mais PMA pourrait se réserver le droit de s’occuper des travaux d’investissements importants ou de le laisser au délégataire. La collectivité pourrait aussi fonctionner en régie et donc mettre en place un système dont elle tiendrait toutes les ficelles. Elle aurait alors les mains libres, des investissements à la facturation aux clients.

Dernière hypothèse, une mise en commun de l’eau et de l’assainissement à Belfort et Montbéliard. Sachant que le Grand Belfort achète la majorité de son eau à l’usine de Mathay, cela pourrait offrir un marché gagnant-gagnant. Mais pour Damien Meslot, « le sujet est complexe » et les échéances trop courtes pour développer une telle société publique locale. Toutes ces possibilités vont être étudiées et pour Charles Demouge, ce qui fera la différence, c’est le prix : « Nous sommes à la recherche du meilleur rapport qualité-prix. Si nous devons fonctionner de telle ou telle manière alors nous nous adapterons. »

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.