La proximité entre le public et les artistes est l'une des marques de fabrique de cette salle, comme ici avec le concert de The Interrupters en 2015. La proximité entre le public et les artistes est l'une des marques de fabrique de cette salle, comme ici avec le concert de The Interrupters en 2015. (©Denis Bretey – L'Atelier des Môles)

L’Atelier des Môles, 35 ans au service du rock !

Le 17 décembre 1983, le premier concert de l’Atelier des Môles résonnait à Montbéliard. 35 ans plus tard, l’histoire se poursuit. Une série de concerts célèbre cette pérennité au service du rock. Et une exposition retrace les plus beaux souvenirs. Plongée au cœur d’une salle sombre…

Pénétrer dans l’Atelier des Môles, à Montbéliard, c’est ouvrir le livre de l’histoire du rock dans la région. Les murs noirs et patinés de cette salle de concerts transpirent encore les riffs endiablés, les sons saturés et les cris d’outre-tombe poussés par des chanteurs habités. L’âme du rock se sent. Se ressent. Nimbée de cette douce amertume de la bière d’un lendemain de soirée.

Les murs témoignent de 35 années d’histoire du rock et de trois décennies d’actions culturelles. Des actions menées par une poignée de bénévoles. Toujours. D’abord les fondateurs, en 1983, puis la jeune génération, aujourd’hui. Ils font vivre la salle, symbole de l’esprit rock du nord Franche-Comté. « On sent que ce lieu à une âme », acquiesce Marine Granjon, présidente de l’association pour la promotion de la culture rock dans le pays de Montbéliard (APCRPM), qui gère l’Atelier des Môles. La salle est dans son jus, mais elle raconte justement l’histoire d’un lieu. Les affiches des groupes ayant fait résonner les murs tapissent toujours les cloisons des loges. Et même si l’on parle de rénovation, on ne devrait pas perdre ces souvenirs qui ont façonné l’identité de l’établissement. « Nous voulons conserver cette ambiance », insiste Marine Granjon, bottines à talon aux pieds et veste cintrée sur le dos. Elle est ingénieure chez General Electric le jour. Elle change de look, soir et week-end, pour être la présidente de l’Atelier des Môles et la batteur dans un groupe de rock, Fallen Lillies. La jeune femme, adepte de rock indépendant, est née en 1992… La salle avait presque 10 ans. Mais elle la fréquente depuis son adolescence. Aujourd’hui, elle anime l’équipe chargée d’écrire les prochains chapitres de cette histoire.

« Vivre une expérience »

« Les fondateurs nous ont inculqué la philosophie de cette salle, poursuit-elle. C’est-à-dire la promotion du rock, de tous les rocks, pour toutes les bourses, et avec une constante volonté de découvertes. » Aujourd’hui, 25 bénévoles actifs contribuent au fonctionnement de l’Atelier des Môles, dont 14 membres au conseil d’administration. On y trouve encore quatre membres fondateurs, dont Denis Bretey. Le trésorier est aussi la boite à souvenirs de l’association. À chaque concert, ce photographe professionnel, fan de rock et amoureux de la scène, shoote les groupes. Et immortalise des instants. « C’est appréciable d’être à la même hauteur que l’artiste, confie-t-il. Il y a de la proximité. » Cette ambiance club, l’association la cultive. Le dîner d’avant concert existe toujours. Il est pris avec les bénévoles et les artistes, devant la scène, sur des tables pliables. On n’est pas dans un club 3 étoiles, mais le choix est assumé. On invite à « vivre une expérience », confie le photographe. « Après le concert, les groupes reviennent dans la salle pour rencontrer le public », poursuit Marine Granjon.

Plus de 1 000 concerts

Depuis 1983, l’Atelier des Môles fait vivre cet esprit dans un schéma original. Le lieu appartient à la municipalité. Par convention, l’association a la charge de son animation : une quinzaine de concerts par an ; des sessions de répétition pour une dizaine de groupes ; et l’accès pour d’autres associations, afin d’y organiser leurs événements. Et depuis 1983, ce sont plus de 1 000 concerts qui ont été joués, dont les légendes Calvin Russel, Nashvill Pussy, Les Wampas, Têtes raides, Sepultura, Mass Hysteria ou encore Tagada Jones ! Et chaque année, ce sont 6 500 personnes qui transitent par la salle.

Le 17 décembre 1983, l’Atelier des Môles accueillait Les Stunners à l’occasion de leur premier concert. Clin d’œil de l’histoire, l’harmoniste du groupe revient ce 15 décembre, un dénommé Mickey, avec Little Bob Blues Bastards. Ce type d’anecdotes façonnent l’histoire de l’Atelier. Les membres de l’association en ont des dizaines. Comme ces punk anglais que la présidente a dû héberger, parce qu’ils avaient perdu les codes d’accès de leur hôtel… La rencontre avec les voisins, le lendemain, après une nuit agitée, était sûrement du troisième type… Imaginez une blonde, charismatique, tout de cuir vêtu, dans vos escaliers ! Le reste est de l’ordre de la légende… Comme bien d’autres histoires, gravées dans les murs de l’Atelier des Môles, depuis 35 ans.

L’Atelier des Môles, 1 avenue Gambetta à Montbéliard ; Renseignements et programmation sur http://www.atelier-des-moles.com

L’agenda de l’anniversaire

  • Mercredi 5 décembre, première date de l’anniversaire de l’Atelier des Môles, avec H.E.A.T + One Desire + Shiraze Lane, 20 h 30, 19 euros en location, 22 euros au guichet.
  • Vendredi 7 décembre, inauguration de l’exposition photo des 35 ans, Rock’N Roll – Anni Môles, à partir de 18 h, plus soirée anniversaire. Visible jusqu’au mois de juin.
  • Samedi 15 décembre, Little bob blues bastards + Electric Yakuza, 20 h 30, 19 euros en location, 22 euros au guichet.

 

 

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.