Dominique Henry a été reconnue coupable par le tribunal de Montbéliard. Dominique Henry a été reconnue coupable par le tribunal de Montbéliard. (© MyAireUrbaine - Simon Vermot Desroches)

Montbéliard: une militante condamnée à 750 € d'amende pour refus de prélèvement ADN

Une militante de la Confédération paysanne, Dominique Henry, a été condamnée ce jeudi à Montbéliard à 750 € d'amende pour avoir refusé le prélèvement de son ADN après avoir été condamnée dans le cadre d'une action militante contre la ferme des "1000 vaches".

Dominique Henry, 60 ans, le reconnaît et le revendique: le 6 mai 2016, à la gendarmerie du Russey (Doubs), elle a refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. "J'ai refusé de donner mon ADN, car j'ai fait un acte de militantisme à visage découvert, j'ai agi pour le bien commun. Je ne suis pas une délinquante, et les syndicalistes n'ont pas à être mélangés avec les délinquants et des criminelles", a déclaré cette ancienne institutrice et agricultrice de Grand'Combe-des-Bois (Doubs) devant le tribunal correctionnel.

Les gendarmes l'avaient convoquée pour recueillir son ADN afin de l'inscrire dans le fichier national des empreintes génétiques après sa condamnation par la cour d'appel d'Amiens, en 2015, à des peines d'amende avec sursis pour "dégradation" et "refus de prélèvement ADN", suite au démontage de la salle de traite de la ferme dite "des 1 000 vaches", en Picardie.

 "L'ADN, c'est quelque chose d'intime"

Selon la procureure de Montbéliard, Carine Greff, qui a requis 1 000 € d'amende, "l'infraction est extrêmement simple, la loi est claire : toute personne condamnée sur ce type de faits doit se soumettre à ce prélèvement. Toute personne qui refuse de s'y soumettre commet un délit".

"L'ADN, c'est quelque chose d'intime, j'en ai hérité de mes parents et je l'ai transmis à mes enfants", rétorque la militante reconnue par le jugement de la cour d'appel d'Amiens en tant que "lanceur d'alerte". Son avocate, Laëtitia Peyrard, a fustigé le "fichage automatique" des militants syndicaux. Mme Henry "a agi à visage découvert, elle a donné son identité aux gendarmes. Quel est l'intérêt pour l'enquête de prélever son ADN ? Aucun, on est dans le fichage automatique des militants", a-t-elle dit avant de demander la relaxe.

À l'appel de la Confédération paysanne, près de 300 personnes s'étaient réunies devant le tribunal de Montbéliard pour soutenir Mme Henry, lors de l'audience la semaine dernière.

(Source: AFP)

C’est à 13 h 45 que Dominique Henry, militante paysanne, a appris le verdict de son procès au tribunal de Montbéliard; elle l'attendait pour 14 h (elle avait été prévenu oralement de cet horaire). En fait, il a été rendu le matin-même à 9 h. Mise au courant à 13 h 45, Dominique Henry s’est alors sentie « totalement méprisée », ajoutant « je n’ai aucune indication sur le pourquoi du comment; je suis reconnue coupable et voilà… ».

Elle décide tout de même d’avoir des explications et, accompagnée de ses camarades militants et syndicalistes, elle le tribunal de Montbéliard. Le service de sécurité débordé, Dominique Henry décide de monter à l’étage afin de trouver des explications. Cohue donc dans le tribunal, avant qu’elle puisse enfin avoir des explications, et que le service de sécurité reprenne le dessus sur la situation.

De retour parmi ses soutiens, Dominique Henry, bien sûr déçue du verdict, a tenu « à remercier toutes les personnes qui m'ont accompagné » avant d'ajouter «le combat continue ». La représentante de la confédération paysanne, Cécile Muret déclarait « c’est inadmissible que des militants soient fichés, on criminalise le militantisme de nos jours ! ». Et l’histoire n’est pas terminée, puisqu’en refusant à nouveau de donner son ADN, elle sera à nouveau jugée dans les prochains mois...

S.V.-D.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.