Guy Sémon, directeur de Tag Heuer (au centre), en compagnie de daniel Jakubzack, président du Club Affaires et de Frédéric Herzog, proviseur du lycée Cuvier de Montbéliard. Guy Sémon, directeur de Tag Heuer (au centre), en compagnie de daniel Jakubzack, président du Club Affaires et de Frédéric Herzog, proviseur du lycée Cuvier de Montbéliard. (© MyAireUrbaine - Pierre-Yves Ratti)

Montbéliard Guy Sémon, le Montbéliardais qui veut réinventer la montre suisse

Guy Sémon, directeur général de Tag Heuer, était l'invité vendredi du Club Affaires de l'Aire urbaine, dans le cadre de son partenariat avec le lycée Cuvier. Il parie que l'horlogerie a une carte à jouer sur la marché émergeant de la montre connectée.

Guy Sémon, directeur de Tag Heuer, a donné une piqûre d'optimisme aux chefs d'entreprise qui formaient l'essentiel de son auditoire lors de la conférence qu'il a donnée vendredi en fin d'après-midi au lycée Cuvier, à l'invitation du Club Affaires. Optimisme, parce qu'il parie sur l'innovation pour imaginer les montres de demain, celles qui plairont à la génération qui ne lit plus l'heure à son poignet mais sur son smartphone. Et à celle qui suivra.

Avant la conférence destinées au Club Affaires, il est d'ailleurs intervenus devant les élèves du lycée.

« La société de demain sera connectée »

Pour cet ingénieur de formation, directeur d'une industrie qui repose sur un savoir-faire artisanal, il faut se projeter vers l'avenir et auparavant comprendre une donnée qu'il estime incontournable : « La société de demain sera connectée ; celui qui n'y croit pas vit dans une grotte ».

L'entreprise qu'il dirige, et plus généralement l'horlogerie suisse, sont donc face à un enjeu majeur: s'adapter aux attentes des jeunes consommateurs d'aujourd'hui et de demain.

Le chiffre d'affaires de l'industrie horlogère suisse est passée de 22 milliards de francs à 19 milliards en vingt mois,  selon Guy Sémon. En revanche, la récente foire de Bâle a été marquée par une hausse de 40% des commandes pour Tag Heuer. La marque compte trois usines dans le Jura suisse, a installé sont siège à La Chaux-de-Fonds et un centre de recherche à Palo Alto.

Et la recherche, c'est l'avenir du groupe. Guy Sémon en a fait la démonstration. S'il considère que l'horlogerie est une des industries qui a le moins évolué depuis les années soixante, il entend aborder le virage de la montre connectée pour assurer la pérennité des emplois et de l'entreprise. Donc de foncer sur le marché de la montre connectée, même s'il est déjà occupé par les géants que sont Appel et Samsung. Et même si cela déplaît aux puristes, amoureux de l'horlogerie traditionnelle. « La montre Samsung ne vous plaît pas, OK. Mais 6 millions de personnes l'ont achetée, donc il y a six millions de personnes à qui ça plaît ».

Fort de ce constat, Gui Sémon veut cependant jouer la carte du savoir-faire horloger suisse: « On peut transformer une montre connectée en montre mécanique. Là-dessus, les horlogers suisses ont quelque chose à jouer. »

Tag Heuer a lancé sa première montre connectée. Guy Sémon entend poursuivre dans cette veine. « L'horlogerie suisse ouvre une nouvelle ère avec la montre connectée. » Une ère qui alliera le savoir-faire des horlogers et l'inventivité des ingénieurs.

Tag Heuer emploie actuellement environ 400 frontaliers français. Son devenir concerne aussi celui de la région.

 

Ci-dessous une vidéo sur YouTube qui explique la vision de la montre connectée selon Tag Heuer.

Media

Bernard  Piexi

La force tranquille. Sa capacité de recul aurait pu en faire un tireur sportif, mais ce sont les lecteurs de l'Aire urbaine qui vont apprécier sa précision.