Denis Sommer a démissionné de son poste de vice-président à l'économie de PMA. Denis Sommer a démissionné de son poste de vice-président à l'économie de PMA. (© My Aire Urbaine : Simon Vermot Desroches)

PMA: Denis Sommer parti, il n’y a plus de vice-présidence à l’économie

Denis Sommer, vice-président responsable du développement économique à Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), a démissionné de ce poste après avoir été élu député au mois de juin, la loi lui interdisant de cumuler ces deux fonctions. Après un long débat et un vote, son poste ne sera pas remplacé. Il n’y aura donc plus de vice-président dédié spécifiquement aux affaires économiques à PMA. Et détenu par la "minorité" depuis 2014.

« Quel message envoyer à nos voisins du Pôle métropolitain et à nos entreprises ? » se questionne Éric Lançon (Parti socialiste), conseiller d’agglomération face à la proposition de Charles Demouge (Les Républicains), président de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA).

Denis Sommer, élu député (La République en marche), ne peut en effet plus occuper de fonction dans un exécutif local, conformément à la loi sur le non-cumul des mandats. Donc assurer une charge de vice-président. Face à cette situation, Charles Demouge a proposé de supprimer purement et simplement ce poste de vice-président, passant ainsi à 14 vice-présidences. Ex-3e vice-président en charge de la commission « Développement économique, enseignement supérieur, Recherche, Formation et Tourisme », Denis Sommer parle le premier et considère cette décision comme « une erreur », mettant en avant les prochaines transformations du territoire et « l’avenir industriel qui impactera durablement le pays de Montbéliard ».

Didier Klein et Charles Demouge reprennent les rênes de la commission

Si le poste de vice-président est supprimé, cela ne veut cependant pas dire que PMA abandonne l’économie. Didier Klein, vice-président en charge de l’immobilier d’entreprise, reprendra les rênes du développement économique. De son côté, Charles Demouge promet « de prendre en charge personnellement les sujets les plus stratégiques du développement économique ».

Le très faible écart lors du vote de cette décision (53 contre, 56 pour, une abstention) met en avant les divergences d’opinions des élus. Pour Jean Fried, maire d’Allenjoie, « on dénature l’esprit de la loi (sur le non-cumul, NDLR). On est privé de la possibilité de renouveler cette assemblée ».

Tous rappellent l’importance des sujets économiques et certains, sans remettre en cause les qualités des uns et des autres, considèrent que le président ne peut pas tout faire.

« Si vous voulez vous occuper de ça, devenez vice-président à l’économie »

Christophe Froppier, lui aussi vice-président, estime pour sa part que la suppression de ce poste n’a pas de grande influence. « Avec trois mandats – maire, vice-président à la Région et vice-président à PMA (les différents postes, précédemment, de Denis Sommer, NDLR) – il faut croire que les missions sont bien réparties au sein de la commission [et pas seulement dans les mains du président de la commission, ndlr] ».

Le maire de Valentigney, Philippe Gautier, considère également que les équipes de fonctionnaires font le gros du travail et que ce n’est au final qu’«une personne au sein de l’exécutif ».

Ce à quoi la maire de Pont-de-Roide-Vermondans, Denis Arnoux, répond, scandalisé : « A quoi sert l’élu dans ce cas ? Si tout le boulot est fait par les fonctionnaires… »

Noëlle Grimme, élue d’Audincourt, continue dans ce ton quelque peu provocateur en déclarant au président de l’agglomération : « Vous n’êtes pas un sur-homme, vous avez un travail important et vous vous occupez de tout. Alors, si vous voulez vraiment vous occuper de ça, devenez vice-président à l’économie et laissez votre poste de président ! »

La délibération adoptée, Christine Besançon, élue d'Audincourt, regrette le rendez-vous manqué : « C’est dommage, cela aurait pu féminiser, un petit peu ce bureau. »

« Dommage », lui répond alors Charles Demouge.

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.