"On retrouve des centaines de pneus partout", déplore Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard. "On retrouve des centaines de pneus partout", déplore Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard. (Michael Gaida, CC0 Creative Commons)

PMA veut lutter contre les dépôts sauvages

Les décharges sauvages sont de plus en plus nombreuses dans le nord Franche-Comté et les élus de Pays de Montbéliard Agglomération cherchent des solutions pour remédier à ces poubelles à ciel ouvert qui se développent chaque jour un peu partout.

Sur une année, les décharges sauvages coûtent plus de 70 000 euros à la mairie de Valentigney, ou encore l’équivalent de deux temps pleins à la mairie de Montbéliard. Chaque jour, des employés communaux sont obligés de faire le tour des communes de Pays de Montbéliard Agglomération afin de nettoyer, de trier et de jeter les déchets qui s’accumulent en forêt ou à côté des points de recyclage. Avec la récente augmentation de 2 % des tarifs pour les résidents de PMA pour le ramassage des poubelles, Martial Bourquin, sénateur du Doubs, y voit « une relation de cause à effet qui coûte à chaque commune énormément d’argent ».

Un sentiment d’impuissance pour les élus

Pour Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, ces dépôts sauvages sont avant tout une affaire de civisme : « Entre les particuliers qui se débarrassent de leurs affaires un peu partout ou les entreprises et ceux qui font des petits boulots… Je suis toujours épaté par la quantité et les objets qu’on trouve un peu partout. » Le passage au système de réservation pour la collecte des encombrants a également compliqué les choses. Pour un particulier, il faut regarder les dates de passages et réserver 48 heures à l'avance. « Ça peut être l’une des causes, explique Martial Bourquin. On n’avait pas ça il y a trois quatre ans. » D’autres élus pointent du doigt les difficultés de certains pour accéder à la déchetterie, mais beaucoup pensent qu’une seule chose pourrait faire changer les choses : une amende ! Elle est cependant relativement complexe à mettre en œuvre. Comme l’explique le maire d’Étouvans Nicolas Pacquot, « il y a quelques mois, nous avons retrouvé des poubelles dans la forêt. Nous retrouvons également des papiers du propriétaire. Nous l’appelons lui et la gendarmerie et il nous dit : « Je me suis fait volé la remorque et on me l’a ramené vide ! » Résultat, c’est classé sans suite. Ça ne sert à rien et ce sentiment d’impunité est insupportable ! »

Quelles solutions ?

Pour pouvoir mettre une amende, il faut prendre sur le fait. Alors, pour cela, des caméras de surveillances ont été installées à certains points de recyclage, « mais on ne peut pas mettre de caméras partout », estiment les maires les uns après les autres. Charles Demouge, président de PMA, souhaite mettre en place un système de Brigade verte, à la manière de ce qui se fait dans le Territoire de Belfort et dans sa commune de Fesches-le-Châtel. « Si les employés communaux trouvent un sac, ils appellent les gardes natures. Ils viennent et au moindre papier avec un nom dessus, il verbalise ! » Une solution qui pourrait s’avérer utile, mais qui reste coûteuse pour les communes. L’année prochaine, le service de garde nature coûtera entre 1 500 et 13 000 euros par commune dans le Territoire de Belfort. Coûteuse, mais certainement moins que de payer des caméras de surveillance, des personnes qui regardent les écrans de vidéosurveillance ou encore des personnes qui nettoient tous les jours ce que d'autres jettent...

Simon Vermot-Desroches

Le spécialiste Afrique de la rédaction ! Ce n'est pas forcément l'atout n°1 pour traiter de l'Aire urbaine, mais la curiosité de ce journaliste n'a d'égal que son goût pour les choses bien faites.