Stephen Norman, jusqu'à présent directeur des ventes et du marketing de PSA, devient directeur général de Vauxhall, récemment racheté par PSA. Stephen Norman, jusqu'à présent directeur des ventes et du marketing de PSA, devient directeur général de Vauxhall, récemment racheté par PSA. (PSA Group)

PSA place un homme de confiance à la tête du britannique Vauxhall

La marque automobile britannique Vauxhall est reprise en main par son nouveau propriétaire PSA qui place à sa tête un de ses hommes de confiance, dans un contexte délicat marqué par une faible compétitivité et le Brexit.

Le constructeur français PSA a nommé un Britannique, Stephen Norman, pour prendre les rênes de la marque à partir du 1er février, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. Stephen Norman, jusqu'à présent directeur des ventes et du marketing de PSA, va succéder à Rory Harvey, qui a décidé de laisser son poste de directeur général de Vauxhall en Grande-Bretagne et d'Opel en Irlande, indique la société britannique, sans plus de précision sur les raison de son départ. Chez PSA, Stephen Norman est remplacé par Albéric Chopelin, a précisé le groupe français de son côté.

Le nouveau dirigeant de Vauxhall, né en 1954, est doté d'une longue expérience du monde automobile. Il occupait de hautes fonctions chez PSA depuis 2014 après être passé par le britannique Rover, l'allemand Volkswagen, l'Italien Fiat et le Français Renault. « Je suis plus que fier qu'on me demande de prendre cette responsabilité », dit-il dans un entretien à l'AFP. « Mon rôle, c'est de stimuler la demande pour les véhicules Vauxhall en Grande-Bretagne et les Opel en Irlande », condition sine qua non selon lui pour soutenir la production. « Il n'est pas possible de créer d'emplois dans l'automobile si on ne parvient pas à stimuler et à satisfaire la demande », explique-t-il, précisant avoir « beaucoup de choses à faire et à regarder ».   

Le patron de PSA, Carlos Tavares, l'a choisi pour diriger Vauxhall alors que la société britannique n'est pas au mieux de sa forme, qui plus est à l'approche d'un Brexit aux conséquences incertaines pour le secteur. Les ventes de la marque ont chuté de 22 % en 2017 au Royaume-Uni, avec 195 000 véhicules écoulés et une part de marché en baisse à 7,7 %. Vauxhall, fort d'un effectif de 5 000 personnes au Royaume-Uni, a annoncé deux plans de départs volontaires depuis son rachat par PSA cet été, un premier en octobre suivi d'un second dévoilé en début de semaine.

Suppressions d'emplois   

Ce sont au total environ 650 emplois qui seront supprimés dans l'usine d'Ellesmere Port (nord-ouest de l'Angleterre), soit un tiers des effectifs de ce site d'où sort la berline moyenne Astra, vendue à la fois sous la marque Vauxhall au Royaume-Uni et Opel dans le reste de l'Europe. Ces suppressions d'emplois ne manquent pas de susciter des craintes des syndicats et la vigilance du gouvernement britannique. La principale organisation syndicale du pays, Unite, a exigé de PSA d'obtenir des garanties rapides d'investissement dans de nouveaux modèles sur le site d'Ellesmere Port ainsi qu'une clarification des pouvoirs publics sur le commerce post-Brexit.   

De son côté, le ministre des Entreprises, Greg Clark, s'est rendu à Paris mercredi pour une rencontre avec Carlos Tavares, qualifiée de « réunion de travail » par un porte-parole de PSA. Vauxhall a été rachetée par PSA à General Motors (GM), en même temps qu'Opel, une opération bouclée début août 2017. Carlos Tavares avait peu après confié avoir relevé « d'énormes » écarts de compétitivité chez Opel par rapport aux autres usines de PSA. Il avait assuré au moment du protocole d'accord de rachat, en mars, qu'il ne serait pas nécessaire de fermer des usines d'Opel/Vauxhall tant qu'elles parviendraient à respecter des objectifs de productivité, estimant que la solution consistant à fermer des sites était « simpliste ».   

Vauxhall, qui exporte une bonne part de ses véhicules produits au Royaume-Uni, doit également se préparer au Brexit, prévu fin mars 2019, un événement qui inquiète un secteur automobile britannique redoutant la sortie du marché unique. « Le Brexit fait qu'il y a plusieurs hypothèses et je vais être extrêmement vigilant pour voir quelles sont celles qui sont nécessaires », a expliqué Stephen Norman.

(AFP – Jean-Baptiste Oubrier)

Thibault Quartier

Une clé anglaise de l'information, capable d'écrire autant sur le marché des Leds en aquariophilie que sur celui des huîtres ou des poules en zones périurbaines ! Un sujet vous paraît abscons, il se fera un plaisir de l'expliquer.